Journal d'une batave en France

Entre mes déboires et mes rêves.

09 mai 2008

Belle-fille se rebelle -- suite et fin...

Alors voilà, j'ai tenu bon.
J'ai dit encore une fois à mon mari qu'il ne compte pas sur moi ce weekend.
Je ne veux plus voir la belle-mère, pour l'instant en tout cas.
Si j'y vais encore dans le futur, je ne le sais pas en fait.
Car elle n'est pas à sa première dispute, et moi j'avais déjà dit auparavant que j'irai à l'hôtel si elle venait encore à la maison...

Bref, mon mari leur a téléphonés.
Et il ne m'en a pas parlé ensuite.
En fait ça fait depuis dimanche qu'il ne m'adresse plus la parole !
{ c'est très sympa chez moi, vous voyez ? Belle baraque, grand jardin, grosse voiture dans le garage, c'est seulement l'atmosphère qui est pourrie ...   }
Alors je demande.
Et voilà, il n'y va pas non plus maintenant.

Je lui ai demandé pourquoi.
Il a tout simplement haussé les épaules.
Ce n'est pas par solidarité avec moi, ça je le sais.
Je pense qu'il ne veut pas aller chez ses parents seul avec les enfants, ça fait un peu comme le père divorcé pour lui (moi, au contraire, je trouve que tout le monde y trouve son compte, mais bon). Et deuxièmement, je sais aussi qu'il n'aime pas me laisser seule à la maison.
{   Si, si, pour cette raison-là, il n'a peut-être pas tort   }

Alors, pas de grasse matinée
pas flâner en ville
pas rentrer à point d'heure
pas de petite brocante

J'étais allé enlever la petite note sur le pont
Sorry Clint  (....)        {   je dois dire que ça me fait chier   }

Alors au lieu d'en profiter, seule, tranquille,
je vais passer le weekend avec un mari qui me fait la gueule.
Va falloir s'échapper quand-même
changer d'atmosphère
prendre l'air

{   Je vous ai dit que je me suis récemment posée la question si je suis faite pour la vie en couple ? Monsieurmonsieur m'avait ouvert les yeux avec un  "...c'est un peu tard quand on a deux enfants..."   }

Et une vague connaissance m'a dit un jour "peu importe avec qui on se marie..."  je vous laisse remplir le reste !

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07 mai 2008

Belle-fille se rebelle

Le weekend passé j'ai reçu les beaux-parents. Le vendredi soir ça se passe toujours bien. Samedi matin je me lève tôt pour rapidement préparer à manger, puis je me sauve. Je m'échappe. Je fais un tour au marché. Pour respirer. Etre seule un moment. Car tout est encore à venir.

L'après-midi l'ambiance se gâte. La belle-mère ne tient plus. Elle me fait toutes sortes de remarques. Rien est bon. Mes plantes ont sûrement gelées (ça fait que trois jours que je les ai sorties), mon bébé a froid dans le jardin, il faudrait le rentrer (il fait plus chaud dehors qu'à l'intérieur, puis le bébé en question aura 6 mois dans 10 jours, on peut le sortir quand-même!), un médicament que je dois donner à ma fille ne serait pas bon pour elle... Je lui dis fermement que le médicament a été préscrit par un médécin, et que je sais ce que je fais.

Le jardin est grand, je m'écarte d'elle et je commence à arracher des mauvaises herbes. Ca défoule. Mon mari me demande toujours de prendre sur moi et de ne pas me disputer. Alors j'essaie de tenir. Malheureusement mon mari est d'astreinte et il travaille, à la maison soit, mais il n'est pas dans le jardin avec nous. Car quand il est présent, la belle-mère n'attaque pas...

Le jardin est grand, mais elle sait parler fort. Elle continue sur le bébé que je devrais rentrer. Sans m'énerver je lui indique qu'il fait vingt-trois degrées à l'hombre et qu'il a les mains chaudes. Elle n'arrête plus. Et voilà que je me retrouve cinq minutes plus tard, bébé dans les bras, à rentrer dans la maison. Ma fille me suit. Et on laisse les beaux-parents comme deux ronds de frites seuls dans le jardin. Me réfugier dans ma propre maison.  Ce n'est pas comme ça que je vois le weekend.

{  sans le savoir ma fille se venge le soir: elle fait lire tout le vieux testament de sa bible d'enfant à la belle-mère...  }

Dimanche matin je mange avant tout le monde. Pour être seule encore un petit peu. Tranquille. Je ne le sais pas encore mais j'ai très bien fait. Quand tout le monde est levé et je m'apprête à chercher mon bébé, je vois la belle-mère avec la notice du médicament à ma fille. Elle a été chercher ça dans la boîte, et elle recommence à me dire qu'il faudrait arrêter de lui en donner.

Et voilà je craque. J'en ai marre de prendre sur moi tout le temps. Et je lui lance "putain, tu vas me laisser tranquille, tu veux me pourrir encore la matinée" et d'autres petites phrases de ce genre. Et je ne lui ai plus adressé la parole de la journée.

Maintenant on avait prévu d'aller chez les beaux-parents le weekend prochain, (en temps normal deux weekends de suite est déjà beaucoup!), pour fêter l'anniversaire de ma fille. Et moi je refuse d'y aller. Pouquoi aller retrouver encore son agresseur ? Mais mon mari a des principes. Il ne se voit pas y aller seul avec les enfants. Une famille ça doit rester ensemble. (eh oui, il est aussi contre le fait de faire garder les enfants pour passer une soirée en amoureux...)

Et moi, j'essaie de tenir bon. De nombreuses fois j'ai déjà dit la même chose. Et à chaque fois je viens quand-même. Mais maintenant je trouve qu'elle a dépassé les bornes. Ca va trop loin. Je n'ai plus envie d'encaisser. Et je préfère éviter les gens agressifs.

Une autre raison pour ne pas y aller est, que j'ai terriblement envie de rester un weekend toute seule à la maison. Faire ce que je veux. Dormir tard (normalement c'est pas mes enfants qui m'empêchent de dormir le matin, mais le mari !). Flâner en ville. Me faire une petite brocante. Pas de comptes à rendre à personne quand je rentre tard.
{   eh oui, je me suis récemment posée la question si je suis faite pour la vie en couple...   }

Tout ça a un petit air de "Sur la route de Madison" (....)
C'est justement une chose aussi qui doit faire peur à mon mari--il me connait ! (et encore, il ne sait pas tout, fort heureusement)
Je ne sais pas comment tout ça va terminer.
Et vous, vous allez savoir ça dans un prochain billet...
{   souhaitez-moi juste bonne chance !   }

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30 avril 2008

Ce mysterieux paquet

paquet_1Alors voilà, le paquet que j'ai reçu par la poste. Une sorte de boîte d'archives en plastique, format A4, en plus de ma couleur préferée: orange. Tout de suite me vient l'idée de changer les couleurs de mon blog en orange. Pourquoi pas ? (ndlr : j'ai toujours eu un gros problème de concentration, alors ce n'est pas rare que je commence un article, puis un idée me vient à l'esprit, comme changer les couleurs de mon blog, et me voilà en train de changer les couleurs--l'article restera en suspend... Ce souci de concentration était très embêtant pour mes études aussi; c'est encore un miracle que je suis venue aussi loin! (j'ai un bac+5 en biochimie)). Bref, je vais essayer de ne pas m'égarer d'avantage.

Donc un joli paquet. Je suis une fille qui est rapidement contente avec des petites choses. Alors je me souviens d'avoir pensé que je pourrai même me servir de la boîte ensuite, pour y mettre des doc's à archiver, n'importe quoi... Je vois que la boîte vient de Hollande. Tamponnée "Klaaswaal". Mais l'expéditeur est une copine qui, aux dernières nouvelles, habite en banlieue Parisienne. Aurait-elle déménagée ? Cette copine est une hollandaise, marié à un français. On s'est connu il y a quatorze ans. Dans le train de nuit qui va de Paris à Amsterdam. Gare du nord - Compiègne - Bruxelles - Anvers - Roosendaal - Rotterdam. Train qui part à 23h15. Train bourré de militaires qui vont à Compiègne. Et après Compiègne il devient très silencieux. Hormis quelques hommes bien louches; à chaque gare il y en a qui entrent et ressortent. J'ai fait ce voyage une cinquantaine de fois. Seule. Je ne suis pas une fille peureuse de nature; au contraire. Et il ne m'est jamais rien arrivé. Je connaissais bien les compartiments. Pour réduire le coût du billet je ne prenais pas de couchette, mais je me mettais dans un compartiment qui avait des chaises qui se basculaient. Aahh, tout ça me revient à la mémoire maintenant, quelle nostalgie ...

A Bruxelles le train doit attendre un moment, peut-être vingt minutes, une demi-heure. Et le chauffage des compartiments fonctionne avec le moteur du train, qui est arreté. Alors à partir de Bruxelles il devient très froid dans le wagon. Chose importante à savoir, car moi, j'avais besoin de dormir pendant le voyage. Parce que je passais un weekend à Lyon, pour revenir au Pays-Bas dans la nuit de dimanche à lundi, et j'allais toute de suite au travail ! (et à l'époque je faisais encore du triathlon: le sommeil valait de l'or, mais ça c'est une autre histoire!) Pour dormir tranquillement au chaud j'avais toujours un sac de couchage avec moi; souvenir de ma jeunesse chez les scouts, eh oui, enfance bourgeoise oblige ...

Je pouvais commencer à m'installer après Compiègne, une fois les militaires partis, faute de place ("...viens faire un tour sur mes genoux ma belle..." - pas que ça me déplaisait, au contraire, vous commencez à me connaître - mais pour dormir c'est pas ça !). Donc, une nuit je commence à déplier mon sac de couchage et me mettre à l'aise, que je remarque une fille pas loin de moi qui fait exactement la même chose. Naturellement je lui en dis quelque chose, et voilà, il s'avère qu'elle est hollandaise aussi, et qu'elle habite avec son copain français à Lyon, ville où j'allais depuis quelque temps passer des weekends pour voir un copain que j'avais connu en vacances (moi j'habitais encore en Hollande à ce moment-là). Je ne sais pas qui était la plus bavarde, elle ou moi, mais on a passé toute la nuit à parler, et on n'a rien dormi.

Et voilà comment j'ai connu cette copine. Elle était la première de nous deux à partir de Lyon. Elle s'est mariée avec le copain qu'elle avait déjà à l'époque, et ils ont trouvés du travail à Paris. Moi j'avais nullement envie de me caser, alors une fois mon copain du moment écarté, je me suis trouvée un appartement et j'avais déjà un travail et plein de copains et copines dans la région Lyonnaise: j'y suis restée.

Et on s'est un peu perdu de vu. On s'envoyait de temps en temps une petite carte, mais c'est tout. Alors ça me fait très plaisir qu'elle m'envoit quelque chose pour la naissance de mon bébé. Mais grand était mon stupeur quand j'ai ouvert le paquet. Je ne vous tiens plus longtemps en suspens, voilà le contenu :

paquet_2Ce sont des fleurs. Elles sont rangés sagement dans une sorte de bac à couverts plastifié. L'enveloppe est tamponnée le 11 avril, elles ont passées 17 jours dans leur paquet... Je m'y connais quand-même bien en fleurs. Pourtant je ne peux même pas vous dire de quelle race elles sont. Ma copine les a commandées via l'internet. Elle n'a donc pas déménagé. Et comme moi, j'ai déménagé il y a deux ans, j'habite maintenant à peu près une heure et demie de route de chez elle. Et les fleurs ont fait le voyage depuis la Hollande...

Ami lecteur, amie lectrice, maintenant j'ai un dilemme. Est-ce que je remercie ma copine pour ces jolies fleurs que j'ai reçues de sa part ? Ou est-ce que je lui dis honnêtement quel paquet j'ai trouvé dans ma boîte aux lettres ? Je me suis posée la question une cinquantaine de fois. Si je la connaissais très bien, je lui dirais toute de suite la vérité sans problème. Elle pourra même essayer de se faire rembourser auprès de la société hollandaise. Mais d'une autre côté, ça lui fera de la peine de savoir que sa surprise était une très mauvaise.
Alors, quoi faire ?

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22 avril 2008

C'est le printemps (pour toi.... )

Quand je t'ai vu pour la première fois
il pleuvait des cordes
un matin tôt
il faisait encore nuit
et j'ai craquée ...

Maintenant on se connaît bien
mais je ne te connais pas
on se voit
mais tu ne me vois pas

Amour sans intention de le donner
je plaide coupable
monsieur

Ta peau contre la mienne
sueur
chaleur
ton odeur
semblent familier
mais étranger quand-même

Facile et difficile
je suis euphorique
et j'ai le trac
je souris
en refoulant mes larmes

Tu m'aimes
mais tu ne m'aimes pas
et je sais
c'est mieux comme ça.

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16 avril 2008

Mon bébé, ce petit parasite...

Quand on est sortie de la maternité il pesait deux kilos et demi.
Il avait des petits bras et jambes à peine plus gros que mes doigts.
Sa déjà très petite couche déscendait de ses petites fesses plates.
Et pourtant il était né à terme.   {  mais la maman n'est pas grosse non plus...  }

Je l'allaite, il prend du poids, doucement mais sûrement.
Il remonte même dans la moyenne de la courbe de poids nationale.
Pendant un mois je surveille moins sa prise de poids - tout allait bien.

Jusqu'au jour que la pédiatre le voit pour des vaccins.
Il n'a pratiquement rien pris.
220 grammes en un mois...
Il va falloir lui donner plus de lait,
        et moi, je n'en ai pas plus.

Alors je lui donne un biberon supplémentaire.
Il y a du lait de partout dans la cuisine
partout sur moi
partout sur lui
le bib par terre
mon papa qui rigole
il est peut-être maigre mon bébé, mais il se défend bien: il ne veut pas de mon biberon.
{   et oui, c'est mieux chez maman, qu'est-ce que tu veux...   }

La lutte dure quelques jours
maman gagne - bien sûr
on repèse
il prend un peu de poids - ça va mieux.

Il y a deux jours on pèse encore
il n'a rien pris
Rien
zéro grammes en onze jours
il va mourir si ça continue   {  enfin, à la perfusion, je ne vais pas le laisser périr tout de même  }

Je me sens bizarre
je l'ai nourri de mon lait pendant cinq mois
et tout d'un coup ce lait
qu'on dit nourrissant
le meilleur pour ton bébé
plein d'anticorps
mon lait ne sert plus à rien
il ne peut plus vivre avec ça.

Je suis anéanti
je savais qu'un jour je ne le nourrirai plus au sein
mais je pensais arrêter ça en douceur
plus tard
quand il sera plus grand
introduire un bib' de temps en temps
pas brusquement comme ça.

Maintenant il prend bien les biberons
il est glouton même
arrive à aspirer la tétine, pourtant "air control", sous vide.

Avait-il tant faim ?
Qu'est-ce qu'il a ce lait artificiel que je n'ai pas ?
Il doivent forcément y mettre quelque chose chez Guigoz
comme la drogue pour chat dans les boîtes de Whiskas
quand j'y pense que je me suis privé de café, de cidre, de bière, de pastis
de fromage qui fouette   {   et oui, c'est les meilleurs--parle-moi pas de fromage hollandais !  }
pendant tout ce temps
pour lui ...

Et voilà ce mini Batave
m'oublie devant ce biberon chaud
pète, rote, fait couler le lait sur son menton
comme si il est à table chez Zola

Et moi
moi j'ai mes deux seins
gonflés à bloc
très douloureux
quoi faire avec tout ce lait

je     {  ah non, là j'allais écrire quelque chose de très vulgair...  }

C'est peut-être la course à pied
la fatigue
j'ai cherché un peu la cause
mais je ne cherche plus
à quoi bon

A cinq mois mon bébé ne pèse que 5,3 kg
tandis qu'il devrait en peser 7
Il est sous les trois pourcentile
c'est à dire que trois pourcent des bébés de France son plus légers que lui
{   si j'ai le bébé le plus léger de France, je viendrai peut-être chez Pujadas ?  }

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14 avril 2008

Ma soeur

Elle me téléphone en plein milieu de la nuit.
Elle pleure.
Urgence de détresse.
Elle est revenue habiter dans son propre appartement.
Seule.
Son compagnon a essayé de la balancer dans les escaliers.
Elle a un gros hématome sur le bras.

Je lui conseille d'aller porter plainte.
Mais en même temps je sais qu'elle n'en a pas la force
et elle n'a personne de venir avec elle.
Et moi j'habite à 600 kilomètres.

Elle a quatre ans de plus que moi
c'est ma grande soeur.
Quand j'étais enfant de l'admirais ...
et voilà que je me trouve en pleine nuit
pratiquement nue
en train d'attraper froid sur le palier
pour la réconforter, remonter le moral comme je peux
par téléphone.

Je sais d'avance que j'en aurai pour toute la semaine.
Elle va m'appeler trois, quatre fois par jour.
Et moi, je vais devoir écouter
car elle n'a plus personne.
Ses amies elle les a perdues depuis longtemps
notre maman est morte
nos frères ne décrochent plus le téléphone quand c'est elle
et papa s'en fiche aussi.

Quand je remonte dans mon lit il est encore un peu chaud.
Inutile de lui expliquer que moi, je me lève dans quelques heures
qu'il faudrait que je dorme encore un peu.

Elle est déconnectée de la vie depuis longtemps ....

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07 avril 2008

Pourquoi courir dehors ?

Dimanche matin.
7h30.   { et non, je ne me lève pas à six heures le dimanche ! }
Il fait que six degrés: il va falloir bien s'habiller.
Aujourd'hui je cours pour la première fois, depuis deux ans, dehors.
D'abord un peu dans la ville, mais rapidement dans la campagne, le long de l'Yonne.

Il n'y a aucune voiture dans les rues.
Pas de piéton non plus d'ailleurs.   { tant mieux: le piéton à cette heure-ci peut être qu'accompagné d'un chien...  }
Il fait très froid.
Je suis habitué à courir dans mon petit annexe; la temperature y est un peu meilleure.
Et il n'y a pas de vent non plus.
Rapidement j'ai les mains toutes rouges.
Puis je commence à avoir froid dans tout le corps...   { c'est bien ces vêtements techniques qui respirent, mais ils ne sont pas chauds pour autant...  }

Aux bords de l'Yonne j'entends toutes sortes d'oiseaux.
Des cris que je ne connais pas.
Des oiseaux que je ne vois pas toujours.
Il y a un voile de brume sur l'eau calme.
Inutile de préciser que je suis la seule à courir à cette heure-ci...

Ce qui concerne ma condition, ça va plutôt bien.
Je tiens un bon rythme, je n'ai mal nulle part, j'arrive même à faire attention à ma foulée.
Je décide de faire un petit tour d'environ quatre kilomètres, puis avec l'aller-retour vers la maison, ça me fera sept kilomètres et demi. Loin derrière moi le temps que je faisais des sorties longues de trente kilomètres, le samedi ou dimanche matin...
Que j'étais tèllement fatiguée que je me vautrais sur une racine d'arbre ou un caillou, car je n'arrivais plus à me lever les pieds comme il faut...

{  Mais cependant je regrette ces temps-là !  }

Et oui, maintenant il faut que je me contente avec ces sept piètres kilomètres et demi.
Enfin pour l'instant.
Je suis bien comme ça, ma fréquence cardiaque aussi.
Jusqu'au moment que j'aperçois quelque chose de blanc d'entre les arbres.

Quelques foulées plus tard je vois ce que c'est.
Des caravanes.
Et merde.
Des manouches.
Et qui dit manouche, dit chien.
Chien cinglé, chien sans laisse, chien déjà bien réveillé...
... et "maître" encore au lit bien sûr.
Encore quelques foulées et je peux tourner, m'écarter de la rivière.
Je n'entends pas aboyer.
Ca va. Echappée belle.

Je tourne bien encore.
Il fait toujours froid, il commence à pleuvoir même.
{ ... et voilà que je pense à mon tapis roulant auquel je suis en train de faire des infidélités ... }

Mais une fois de retour à la maison, je me fais un chocolat bien chaud et avec mes tartines beurrées et une grosse couverture, je m'installe devant le marathon de Paris.
Encore une petit heure à moi avant que les enfants se reveillent !

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28 mars 2008

L'histoire de la cave et les clefs...

J'ai une petite cave sous la maison. Une jolie petite cave voutée. Très bien pour le vin, le cidre, les bières. ( Aha, ne pensez pas que la marathonienne se prive d'alcool--le contraire est vrai ! ). Mais il y a aussi mes fruits et légumes du jardin et même des pots de peinture qui risquent de geler dans le garage.

La cave va sous la cuisine et une partie sous la maison. Elle a une porte d'accès dans la cour et un trou d'aeration sous le seuil de la porte d'entrée. Ce trou est un peu mal placé. Toute la poussière du paillasson peut facilement partir dedans. Je trouve même des feuilles dans la cave, emportées par le vent. Et de nombreuses fois je dois refuser à ma fille de lui prêter les clefs, pour qu'elle ouvre la porte toute seule comme une grande, par peur qu'elle les fasse tomber dedans.

Ce matin, ma fille et moi partent avec mon bébé dans le landeau, pour notre petite promenade matinale. On rentre vers midi et demi et on a tous bien faim. Et ce qui devrait se passer, se passa. Mon trousseau de clefs glisse de ma main, rebondit sur ma chaussure, et tombe dans le trou. J'entends les clefs atterrir entre les oignons. Et je me réalise tout de suite ce qui vient de m'arriver.

On ne peut plus rentrer dans la maison. Et le seul qui a un double des clefs c'est mon mari, et il rentre qu'à 20h30 le soir. Ma fille, malgré son jeune âge, comprend tout de suite, et prise de panique, se met à pleurer. Ce qui fait peur à mon bébé, qui s'y met aussi...

Avec tout ce bruit j'ai du mal à réfléchir. Quoi faire ? Je connais un peu la voisine; avec un peu de chance elle est là. Elle nous laissera peut-être patienter un peu chez elle. Je prends le landeau d'une main, ma fille dans l'autre et on se dirige vers le portail qui sépare la cour de la route. Et c'est là que je commence vraiment à transpirer...

Le portail est un portail électrique en métal qui pèse une tonne. Impossible de l'ouvrir sans une petite télécommande. Il y a un petit portillon, électrique aussi, qui s'ouvre avec... une clef. Aussi sur le trousseau, entre les oignons dans la cave. Les deux sont coiffées d'énormes pointes métalliques, justement pour garder les galapiats dehors. Il va falloir escalader ça. Je commence presque avoir un peu de respect pour le cambrioleur professionnel...

J'hésite. C'est très haut, plus de deux mètres. Et le reste de mon jardin est entièrement emmuré de murs en pierre aussi hauts, ce n'est pas une option non plus. Et, une fois de l'autre côté, comment j'attrape ma fille et mon bébé... Car le duo de pleurs déjà bien audibles dans tout le cartier, vont sûrement s'intensifier une fois la maman disparu de l'autre côté du portail !

J'hésite encore. Je regarde la maison. Il n'y a pas de fenêtre ouverte. Il fait froid--il va falloir y aller. Courageusement je me rapproche du portail hostile.

Soudainement je vois une porte. C'est en fait la porte d'entrée d'origine. Je ne l'utilise jamais, car elle ouvre tout de suite dans la salle de séjour. Mais on l'a ouverte lors du weekend du baptême. Alors avec un peu de chance...

Je l'essaie. Elle est ouverte. Personne n'a dû penser à la refermer à clef après les jours mouvementés de Pâques.

Alors je dis merci ! Merci à chacun qui est entré et sorti mille fois de ma salle de séjour, en m'hérissant le poil car on m'emmène de la poussière et du froid directement dans la salle...

{ et non, je ne suis pas du tout maniaque... }

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26 mars 2008

ça y est !

NB826

Et voilà le travail !
Une paire de chaussures toutes neuves.   {trouvées chez les spécialistes à Paris quand-même--qu'est ce qu'on ne fait pas pour la course à pied...}

Vous, non coureurs, vous allez vous dire: "mais qu'est-ce qu'ils ont ces coureurs de photographier leurs chaussures et de les balancer sur leur blog..."

Et en fait, je ne sais pas.
En plus j'ai eu la flemme d'aller chercher mon appareil photo et de les photographier, alors c'est une photo trouvée sur internet. C'est juste pour vous montrer qu'elles sont d'une couleur impossible: franchement, où est-ce qu'ils ont été chercher ce bleu...! Et comme je m'entraîne toujours encore sur le tapis (pour 30min de course ça ne vaut pas le coup de sortir) elles ne vont pas se salir aussitôt...

Va falloir faire un peu de jardinage avec peut-être...

Posté par cbatave à 17:30 - Manger, bouger... - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 mars 2008

Le baptême

Dimanche je fais baptiser mon bébé. A Pâques.
Alors je prépare le livret de la messe.
Automatiquement je tape les prières dans l'ordinateur. (après 37 ans de messes je les connais...)
Puis je lis vraiment ce que j'écris.
Les mots sont là presque nouveaux.
C'est fou comme on peut scander des prières pendant tous ces années
et comme ça pas vraiment savoir ce qu'on dit...

Alors je lis que je rejette le péché.
Ah.

Enfin c'est pas nouveau pour moi quand-même.
Mais là, couché sur le papier, ça me fait réfléchir soudainement.

Rejeter. Comme je ne suis pas française je travaille énormément avec le dictionnaire.
Alors le dico dit, entre autres, "ne pas accepter, refuser, repousser".
Sauf que, dans la tradition judéo-chrétienne, beaucoup de choses sont des péchés...
Beaucoup de choses.
En résumé : c'est cuit pour moi.

C'est un diacre qui donne des cours pour la préparation au baptême des tout-petits.
Bel homme d'ailleurs, superbe sourire, je l'ai revu deux fois depuis   {ah mais nan--là je déconne !}
Alors ce diacre dit, qu'il faut mieux ne rien dire pendant la messe,
que dire des choses qu'on n'approuve pas.
C'est là où mon souci commence.   {car des péchés... bref, il y en a pour des jours de confession}

J'en discute avec quelqu'un. Quelqu'un qui s'y connait.   {non non, pas ce beau diacre}
Il me dit que, quand on dit qu'on rejette le péché, c'est qu'on est conscient que certaines choses sont des péchés. Et comme on est des êtres humains, on fait des péchés tout au long de notre vie. Et ensuite on confesse tout ça.

En fait, c'est la faute à Eve.   {et ça c'est le diacre qui me l'a dit!}

Si je me tais dans l'église, tout le monde va s'en apercevoir.
La cathédrale pleine d'hypocrites.   {eh oui, en plus c'est à la cathédrale...}
Alors je joue le jeu avec eux.

Mais toute la vie est un jeu, n'est-ce pas ?

{ ne le dites tout de même pas à mon bébé--jusqu'à l'age de sept ans il sera encore libre de péchés--c'est une clause particulière de la tradition judéo-chrétienne...  Pas mal, non ? }

Posté par cbatave à 06:51 - Mes déboires - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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