Journal d'une batave en France

Entre mes déboires et mes rêves.

20 mars 2008

Le baptême

Dimanche je fais baptiser mon bébé. A Pâques.
Alors je prépare le livret de la messe.
Automatiquement je tape les prières dans l'ordinateur. (après 37 ans de messes je les connais...)
Puis je lis vraiment ce que j'écris.
Les mots sont là presque nouveaux.
C'est fou comme on peut scander des prières pendant tous ces années
et comme ça pas vraiment savoir ce qu'on dit...

Alors je lis que je rejette le péché.
Ah.

Enfin c'est pas nouveau pour moi quand-même.
Mais là, couché sur le papier, ça me fait réfléchir soudainement.

Rejeter. Comme je ne suis pas française je travaille énormément avec le dictionnaire.
Alors le dico dit, entre autres, "ne pas accepter, refuser, repousser".
Sauf que, dans la tradition judéo-chrétienne, beaucoup de choses sont des péchés...
Beaucoup de choses.
En résumé : c'est cuit pour moi.

C'est un diacre qui donne des cours pour la préparation au baptême des tout-petits.
Bel homme d'ailleurs, superbe sourire, je l'ai revu deux fois depuis   {ah mais nan--là je déconne !}
Alors ce diacre dit, qu'il faut mieux ne rien dire pendant la messe,
que dire des choses qu'on n'approuve pas.
C'est là où mon souci commence.   {car des péchés... bref, il y en a pour des jours de confession}

J'en discute avec quelqu'un. Quelqu'un qui s'y connait.   {non non, pas ce beau diacre}
Il me dit que, quand on dit qu'on rejette le péché, c'est qu'on est conscient que certaines choses sont des péchés. Et comme on est des êtres humains, on fait des péchés tout au long de notre vie. Et ensuite on confesse tout ça.

En fait, c'est la faute à Eve.   {et ça c'est le diacre qui me l'a dit!}

Si je me tais dans l'église, tout le monde va s'en apercevoir.
La cathédrale pleine d'hypocrites.   {eh oui, en plus c'est à la cathédrale...}
Alors je joue le jeu avec eux.

Mais toute la vie est un jeu, n'est-ce pas ?

{ ne le dites tout de même pas à mon bébé--jusqu'à l'age de sept ans il sera encore libre de péchés--c'est une clause particulière de la tradition judéo-chrétienne...  Pas mal, non ? }

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12 mars 2008

Carte postale #22

Il y a presque deux semaines mon ami MonsieurMonsieur a lancé un jeu sur son blog auquel je me suis inscrite. Il fallait écrire une petite nouvelle inspirée d'une carte postale qu'il a choisie. Voici l'histoire que j'ai imaginée toute seule comme une grande, mais qui a été gracieusement corrigée par l'expert dans la matière...

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Auber adorait ces petites filles, deux jumelles de sept ans. Quand leurs parents, sa fille et son gendre, eurent des difficultés pour joindre les deux bouts après la naissance de leur troisième bébé, un garçon cette fois, il lui a paru bien évident alors de les héberger. Bien sûr c'était tout d'abord pour les aider, mais secrètement aussi un peu parce que la maison était devenu bien grande et silencieuse après la mort de sa femme Henriette, il y a 18 mois déjà. Sa fille venait régulièrement pour faire un peu de ménage et s'occuper de la lessive, mais elle n'avait pas beaucoup de temps, car elle faisait du ménage chez beaucoup de familles du village. Son mari étant encore étudiant en médécine, ne ramenait pas de salaire à la maison, alors ils étaient contents de pouvoir habiter dans une partie de la grande maison familiale, sans sortir de loyer à chaque fin de mois.

Et Auber à son tour était très heureux de cette nouvelle compagnie à la maison, et il passait chaque instant possible avec ces deux petites filles. Comme ça il les avait amenés, le deuxième vendredi du mois, au marché aux boeufs à Moncley. Et elles étaient ravies. Depuis le temps qu'il allait au marché, il y connaissait un bon nombre de personnes. Alors les filles avaient droit de tout faire: caresser les chèvres et les moutons, monter sur le dos d'un cheval et faire des calins aux lapins de la Marinette.

Le marché allait prendre fin, quand les jumelles découvrirent une petite cage avec trois chiots. C'était d'adorable petits chiots blancs, tachetés de brun et de noir. Leurs petites truffes s'abîmaient presque, tèllement ils s'appuyaient contre le grillage. Et bien sûr la vendeuse, une femme qu'Auber n'avait jamais vu sur ce marché, ouvrait la cage pour mieux montrer sa marchandise. Et c'est là que papy Auber craqua et acheta un chiot pour ses petites filles adorées.

Grande fut la frayeur de sa fille quand ils eurent franchi la porte d'entrée. Elle lui sortit une cinquantaine d'arguments pourquoi un chiot n'était pas le bienvenu dans leur maison. Et elle termina par l'ordre de le ramener tout de suite au marché. Ce qui fit pleurer les deux jumelles à chaudes larmes. Et finalement leur maman craqua aussi pour cet adorable petit chien à pattes quand-même très épaisses.

Au fil des années ce petit chien devint rapidement très imposant. Et pour partir en vacances, la famille ne pouvait l'amener avec eux. Et c'est comme ça qu'Auber proposa de le garder, le temps d'une semaine de vacances d'été.

Le chien était devenu grand et lourd et il mangeait beaucoup. Mais sa fille lui avait laissé un grand sac de croquettes dans le garage. Le matin du premier jour, Auber lisait tranquillement son journal sur son canapé, quand il aperçut le chien dans le jardin, où il avait une grande niche en bois. Avant qu'il ait eu le temps de se relever, le chien ouvrait déjà la porte avec ses grandes pattes, entrait dans la pièce et sautait sur ses genoux.

Il était extrèmement lourd. Auber, qui se rappelait seulement maintenant qu'il avait oublié de le nourrir, voulut se relever pour le faire, mais le chien grognait et montrait les dents. Ce qui était un adorable chiot il y a quelques années, était devenu un dangereux monstre, surtout quand il avait faim. Auber était coincé.

Ainsi, il passa six jours sur le canapé, avec seulement son premier petit déjeuner dans le ventre et un très gros chien sur les genoux, qui grognait à chaque tentative d'Auber de se lever. Son gendre dut l'abattre à coup de fusil, pendant que les jumelles et leur petit frère pleuraient dans la cuisine. Et Auber put enfin se jeter sur les douze petits plats que sa fille lui avait laissé dans le réfrigérateur.

La famille déménagea tantôt à Saint Etienne où le gendre avait trouvé un poste à l'hôpital.
Sans chien et sans papy Auber.

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Une bannière a été mise en circulation pour pouvoir lire les histoires de tous les participants, cependant elle n'est jamais venue jusqu'à moi, mais en cliquant sur chaque nom vous les trouverez quand-même:

Cartophile - Vagant - Anita - Melle Bille - Mimi Je Rêve - Massilimanga - STV - Still - Martin Lothar - La Mère Castor - Tiphaine&Armel - Sylvette - Enn' - Prax - Jacques

Ah et voilà la bannière aussi:

banniere_carte_22

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11 mars 2008

Demain c'est le grand jour

Ayé Ayé
Demain on participe au jeu du Cartophile
Venez nombreux lire les nouvelles
Inspirées de la carte postale #22
...

fallait que j'écrive quelque chose, n'importe quoi,
j'ai la tête comme une citrouille,
je viens de rechercher tous les liens de tout le monde
sur l'internet
car cette p..... de bannière
n'est toujours pas arrivée
et de toute façon
elle n'est pas complète
MonsieurMonsieur
victime de son succès
je ne t'en veux pas
(mais tu le sais déjà)
car pour m'aérer la tête
je vais encore bêcher
détruire de la pelouse même
pour mettre de jolies fleurs
qui vont me faire du bien dans deux mois.

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10 mars 2008

Et je cours toujours...

La reprise de la course à pied se passe plutôt bien, sauf que j'ai toujours tendance à en faire de trop... Le quatrième jour j'avais déjà couru une heure entière, pour ensuite me faire gronder par mon entraîneur: c'était trop vite trop longtemps. Alors voilà, ça fait trois semaines que je cours sagement une demi-heure par jour avec deux jours de repos par semaine... et ça sur des chaussures qui doivent avoir au moins 5000 kilomètres ! (eh oui, avec environ 100km d'entraînement par semaine, tu peux négliger les kilomètres faites lors de quelques semi et un marathon, et je crois qu'elles ont plus d'un an de vécu...)

Alors il va falloir que je m'en achète une paire. Plus facile à dire qu'à faire. Avant j'habitais à Lyon, où il y a trois magasins spécialisés dans la course à pied. Maintenant j'habite dans une petite ville où il n'y a rien. Quand je dis rien, c'est vraiment rien: il y a un intersport qui est plus spécialisé dans la mode que dans le sport, alors tu y trouves que des chaussures de kéké. Mais si je ne change pas rapidement de chaussures je vais me blesser. Sur le tapis roulant ça va, mais sur la route je sens les petits cailloux à travers de la semelle fine. Et samedi je sentais le tendon d'achille tirailler... (bon, ça peut être un manque d'étirements aussi, voir même une légère déshydratation, car j'allaite toujours mon bébé...)

Et d'ici une semaine je peux augmenter l'entraînement de 10 minutes ! Oui, vous le comprenez bien, je fais aveuglement ce que dit mon entraîneur, car il est très bien documenté et il ne s'est jamais trompé sur mon pouvoir d'encaisser les entraînements durs! Et, grace à lui j'ai tèllement souffert lors des entraînements que j'ai fait mon marathon "les doigts dans le nez" comme aurait dit BièreBremier...

Et quand je dis tèllement souffert, ça veut dire que j'étais si crevée chaque jour que je dormais dans la voiture pendant ma pause de midi, et que chaque jour j'avais hâte d'être mercredi, jour de repos....
(Vous voyez maintenant pourquoi Laure Manaudou a abandonnée les entraînements de Philippe Lucas, si déjà à mon petit niveau c'est si dur....)
Mais on n'a rien sans rien, alors j'écoute sagement mon entraîneur et je profite des petits entraînements, car avec juste une demi-heure de course je ne suis pas du tout fatiguée ! (ce qui me laisse des forces de bêcher mon jardin, mais chut! ne dis rien à l'entraîneur en question...!)

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06 mars 2008

La clinique

Je me souviens... Noël 2007
Comme mon bébé est trop petit encore pour faire le voyage, pas de fêtes aux Pays-Bas
Alors on va chez les beaux-parents
(oui, j'entends vos réactions jusqu'ici)
ma fille est contente: ça compte aussi.

J'arrive à esquiver les attaques de la belle-mère et les querelles de famille.
Et j'ai encore une carte dans mon jeu:

mon bébé a une légère dysplasie des hanches
et voilà que j'ai pris un rendez-vous chez un spécialiste dans la banlieue de Paris
pour le lendemain de Noël.
{"Comme c'est dommage - je peux vraiment pas faire autrement - c'est très spécifique vous savez - des spécialistes des hanches pour nourisson ça court pas les rues - encore heureux qu'il m'a trouvé un trou dans son planning - .... "}

Mon beau-frère a d'ailleurs eu la même idée et il a fait encore plus fort:
il part le jour de Noël à Lyon pour y amener sa voiture au garage...

Alors le lendemain de Noël, me voilà en route pour Melun.
Je n'aime pas beaucoup ces réunions de famille bruyantes.
Alors ça fait du bien d'être partie sur la route toute seule,
avec juste un peu de musique à la radio
(pas trop fort--risque de hurlements sur la banquette arrière...)

La clinique est superbe.
Vraiment superbe.
Elle a l'allure d'une clinique suisse, tu vois, de ces cliniques qu'on voit en général seulement à la télé,
où tu peux te refaire faire les seins pour dix mille euros
tout en étant comme à l'hôtel.
Ah, je m'y vois déjà, c'est con que ce n'est pas pour mes hanches à moi (...).

{Et c'est drôle, je ne pense pas du tout au chèque que je vais y laisser en partant.}

J'attends dans la salle d'attente.
Sur un beau canapé en cuir, bien sûr.
Les secrétaires sont belles comme des top modèles
et leur banque est faite dans un magnifique bois de racine.
En fait je m'y attends qu'on m'amène le café, mais non.

J'ai rendez-vous à une heure et demie.
Mais, à l'heure dite, personne ne m'appelle.
C'est seulement vers deux heures que les chirurgiens reviennent tous de leur déjeuner, on me dit.
Mais le canapé est confortable, je suis bien, je savoure, je rêve,
et, je ne le sais pas encore, l'attente en vaut le coup.

A deux heures dix ils arrivent, les chirurgiens.
Et voilà, eux aussi, dignes d'une clinique suisse.   {j'suis plus du tout à Melun là}
Ils sont, sans exception, grands, beaux, et surtout très bien habillés...
(putain, je me redis que c'est con que je ne suis pas là pour mes hanches à moi...)

Un de ces beaux hommes m'appelle par mon nom.
Je me lève et je le suis dans le couloir.   {j'suis prète à laisser le bébé dans la salle d'attente}
Arrivé à son bureau il me fait passer devant -- ces hommes-là ont de la classe, naturellement.

A l'intérieur encore des fauteuils en cuir, un somptueux bureau en bois, des plantes vertes, des petits statues,
et surtout une belle table d'auscultation en cuir.
Une fois installés sur les fauteuils je le regarde plus attentivement.
Il est grand, il a des grandes mèches blondes et des yeux bleus.
Il porte un beau costume gris anthracite, bien taillé, et une chemise bleu clair.
Un instant on se regarde droit dans les yeux,
puis il prend les radiographies de mon bébé.

Il me demande de le déshabiller, et
avant de me demander si mon bébé va faire pipi sur la table en cuir
je me dis
que j'ai bien fait de mettre ce pantalon taille basse
qui met bien mes hanches en valeur    {et mes fesses}
c'est un docteur des hanches après tout.

Il manipule les jambes fines de mon bébé comme si c'était de l'élastique
et moi je lui fais une confiance aveugle,
{des beaux chirurgiens dans une clinique pareille peuvent être que compétent...}
en me penchant un peu plus sur la table d'auscultation.

Il me dit que la dysplasie est presque partie
et qu'il va juste falloir lui faire des étirements des jambes.
Il me montre comment faire et me demande de le faire moi-même.
J'appuie mes deux mains sur les cuisses toutes maigres de mon nourisson qui est né avec le corps chétif d'un marathonien.

Tout d'un coup il pose ses mains sur les miennes
sa peau est douce
ses mains sont chaudes
on reste un instant comme ça
sans bouger
ses beaux yeux bleus dans les miens.

Le soleil brille sur mon visage quand je sors de la clinique.
Un jour de Noël dont je me souviendrai.

Et oui, j'ai laissé un très gros chèque sur la superbe banque en bois de racine.

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16 février 2008

La course !

Ca y est ! Mon bébé a trois mois demain, alors je recommence la course à pied. C'était juste une question de principe que j'ai attendu trois mois après l'accouchement. J'aurais pu recommencer plus tôt, avec tous ces entraînements que j'ai fait sur le rameur. Mais bon. Je recommence, c'est tout.

La maison est encore bien silencieuse quand je sors. Sans manger de tartines beurrées cette fois-ci. Pour pas les vomir sur ma machine, et aussi pour habituer le corps à prendre son énergie dans les reserves de graisse. Ce qui est très important quand on court un marathon, car ce n'est pas en mangeant des fruits secs et du pain d'épices au ravitaillement qu'on avance pendant la compétition. Parce que pendant la compétition le corps s'occupe principalement de ces muscles et de son coeur, et la digestion est temporairement arrêté...

Alors ce matin je change de machine. Eh oui, je cours sur un tapis de course, car j'ai toujours mes enfants que je ne peux pas laisser tout seul à la maison. Et aussi parce qu'il fait encore nuit quand je commence, alors je risque de me faire faucher par une voiture. Comme ça j'ai pris un matin un volet en plein figure... ceux qui me connaissent savent qu'il m'arrive toujours des trucs comme ça, alors mieux vaut éviter et rester tranquillement faire du sport chez soi.
Le tapis de course se trouve dans la même annexe que le rameur, entre le congélateur, un vieux canapé, des outils de jardin. Sur un meuble se trouvent une dizaine de coupes que j'ai gagnées il y a quelques années déjà. Je les regarde pendant que je démarre la machine. Va falloir travailler dur pour arriver aux temps d'il y a quatre ans...

Mais la motivation est là: si on dit qu'une compétition se court pour 50% dans la tête, ça compte aussi pour l'entraînement. Je cours les premiers mètres d'un pas pas très assuré. Ce n'est pas très facile de courir sur un tapis de course, et ça fait un petit moment que ce tapis m'attend... Mais les sensations reviennent vite et j'arrive à courir même assez facilement.

La radio joue "Let me out" de Ben's Brother et le soleil se lève. Je suis juste heureuse d'être là, à cet instant, avec ces rayons de soleil sur mon visage, toute seule avec ma musique.
La course est une de mes deux addictions. Et me revoilà donc, de nouveau dans la course.
Je reviendrai à mon ancien niveau. C'est certain.

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15 février 2008

Pour toi

Journée grise aujourd'hui
mais
il y a quelques jours
un ami est passé
me laissant
une bonne réserve de soleil
dans mon coeur...

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02 février 2008

Chandeleur

Samedi soir.
Homme et enfants devant le rugby, moi dans la cuisine.
Je fais des crêpes: ma puce a vu des crêpières au supermarché,
alors depuis vendredi elle m'en reclame.
En Hollande on fait des crêpes assez épaisses (pannekoeken), et aussi des petites: les poffertjes.
J'ai une gamelle spéciale pour ça, je peux en faire sept à la fois.
Alors pannekoeken et poffertjes pour tout le monde.
Après une heure dans la cuisine j'ai un plat bien plein au chaud dans le four.
Tout le monde à table !

Sauf que, le rugby a donné soif à mon bébé qui, avec ses onze semaines, n'a pas eu droit à la bière.
Pendant que je m'occupe de lui, mon homme et ma fille attaquent les crêpes.

Quand, une demie heure plus tard, je repose mon bébé, repu, dans son landeau,
j'entends
"encore une petite et j'arrête"

Je m'assois à table
regarde dans le plat

Il reste une crêpe et demie...
(et je déteste les régimes)

Posté par cbatave à 20:54 - Mes déboires - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 janvier 2008

Pour toi

J'aurais voulu te rencontrer avant
autrement
ailleurs
dans cette autre ville
cette ville d'avant

si seulement...
on n'aurait pas pris ces chemins
si différents

je me suis engagée
je dois continuer
malgré tout

mais si seulement...

alors
je t'aurais dit
les yeux dans les yeux
je t'aime

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25 janvier 2008

Le rameur

Il est 6 heures du matin. Rapidement je mange deux tartines au beure salé. Puis direction l'annexe à ma maison, où se trouve la "machine à torture": le rameur.

J'ai fait du sport toute ma vie. Malgré que mes parents et mes frères et soeur n'en faisaient pas du tout, détestent même. (j'ai toujours été un peu le "odd one out"). En passant par le triathlon je suis arrivée à la course à pied. Ce que je fais depuis pas mal d'années déjà. Sauf que, pour avoir mes deux enfants, j'ai dû m'arrêter un moment. Et voilà il y a trois semaines que j'ai repris le sport. D'abord par le rameur, état donné que ça faisait que sept semaines que mon bébé est né.

Il fait froid dans l'annexe. Je règle la radio à fond--casque sur la tête. Les premiers dix minutes sont dures, autant de plus que la radio joue des musiques trop douces. Une fois mes muscles échauffés ça va mieux. Et la radio m'aide avec U2.

J'accelère. Je me sens bien, l'adrénaline arrive. Pour la première fois depuis ces trois semaines de reprise. Un bon ami me disait récemment que la course était une drogue pour moi. Et il a raison. On se sent euphorique quand tout va bien. Et on pense pouvoir accélérer encore, mais le corps ne peut pas toujours suivre. Ce matin je déscends vite sur terre car c'est mes bras qui ne suivent plus. J'ai du mal à tenir la poignée. Cependant je peux garder la vitesse. Ca fera un bon entraînement.

Mais trente minutes après, la radio joue Tracy Chapman.

Depuis quatre ans je ne peux plus écouter Tracy Chapman.
Ma maman aimait sa musique.
Elle chantait et dansait dans le salon.
Elle dansait comme dans les années soixante-dix.
Quand on est ado c'est ringard--plus tard on aime bien.
Quelques mois avant sa mort je lui avais offert le dernier disque.
Mais maintenant la musique de Tracy Chapman me fait penser
à ces dernières semaines qu'on a passées auprès d'elle.
Pour mourir à la maison.

Alors la musique me donne un chat dans la gorge.
Je ne peux plus respirer.
Et je lâche tout.

Quand je sors de la douche mon bébé pleure.
La journée commence.

Posté par cbatave à 16:58 - Manger, bouger... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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