Ce blog a été éliminé

Il y a encore un tas de rêves ... qui ont été déménagés !

05 mars 2009

Le silence.

J'aime le silence
le silence du samedi matin
le silence de l'eau contre les berges
le silence du brouillard dans l'air
le silence du pic vert
qui semble m'attendre
qui semble être là rien que pour moi

J'aime le silence
le silence des vacances
le silence de la montagne
le silence d'un soleil de plomb
le silence de mon vélo
le silence de mes chaussures sur le goudron brûlant
le silence de la solitude
là haut

Suis-je aujourd'hui
que dans une parenthèse de ma vie ?
Je me le demande
parfois
non souvent

mais quelque part dans moi
je sais qu'un jour
un jour j'y retournerai
retrouver le silence
le silence de la solitude
là haut.

Posté par belle echappee à 16:44 - Mes rêves - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


19 janvier 2009

Encore des insomnies ?

La semaine dernière j'étais enrhumée. Une rhume banale, toux et nez bouché, rien de bien grave. Je jette un coup d'oeil dans ma pharmacie, je mange quelques paracetamols, si, si, c'est comme si je mange un peu dans le frigo. Et c'est là où mon oeil tombe sur la boîte des décongestionnants nasales. Du pseudoéphédrine pour être plus précise. Boîte qui n'aurait jamais dûe se trouver dans ma pharmacie d'ailleurs, le produit étant sur la liste des substances interdites pour les sportifs. Ça fait un bail que je n'en ai plus pris. D'abord car je suis très peu souvent enrhumée, et puis bien sûr parce que c'est une substance interdite, et aussi parce que c'est un produit déconseillé lors de la grossesse. Mais aujourd'hui j'ai le nez bouché, j'ai 39° de fièvre, je ne me sens pas bien et demain j'ai une entrevue important. Et aussi, je n'ai pas pris de licence sportive cette année pour mes compétitions, et ma prochaine course sera seulement dans six semaines. Et surtout, je ne suis pas enceinte.

Alors des pseudoéphédrine, j'en prends un le matin, un à treize heures, et un le soir, avant de m'endormir. Le tout combiné avec d'autres médicaments et un peu d'alcool, question de chasser les microbes. Le nez se débouche bien, produit très efficace pour le moindre coût: on peut déjà se doper pour 1,61 € les quinze comprimés. Très contente de moi je monte dans mon lit quand l'heure est venu de dormir, pour me souvenir de quelque chose même pas deux minutes après avoir éteint la lumière. La prise du soir. Juste avant de se coucher. Il fallait pas.

Mon coeur s'emballe comme si j'ai une tachycardie. Bien sûr, un produit qui fait courir les sportifs, ne peut être bénéfique pour la qualité de mon sommeil. J'aurais pu y penser avant. D'habitude j'ai rapidement chaud dans mon lit, là je transpire sous ma déjà très fine couette, comme si on était en plein été. Et mon coeur. Je n'ai jamais eu de tachycardie, mais là, c'est impressionnant, mon coeur se débat comme s'il a envie de sortir de derrière mes côtes.

Et pendant que je me jure de ne jamais, mais jamais, me doper, je me tiens la cage thoracique comme pour retenir ce muscle cardiaque à l'intérieur, et je me demande quoi faire maintenant. La reponse est simple, et me vient rapidement à l'esprit, esprit logé dans un cerveau doublement oxygené ce soir: il va falloir attendre. Attendre que ce produit ait fini de faire son travail.

En attendant je me demande qu'est-ce que je peux bien faire. Il faut lire quelque chose qui va me donner sommeil. Justement, dans l'après-midi il y a un collégien qui m'a laissé deux petites revues dans la boîte aux lettres. Par l'intermédiaire de l'interphone il m'a assuré que beaucoup de monde se demande pourquoi on est sur terre, et s'il pouvait laisser un peu de lecture dans la boîte. Les deux petites revues, d'ailleurs très approprié intitulées "tour de garde" et mieux encore "réveillez-vous", m'attendent dans la boîte aux lettres, car, malheureusement pour ce jeune homme, je ne me suis pas précipitée tout de suite dehors pour les récupérer, leur contenance m'interessant peu.

Alors pour récupérer ces deux petites revues aux pouvoirs assommants il va falloir aller dehors, faire le tour de ma maison, et même carrément aller dans la rue. Il fait froid et je suis en sueur et déjà très enrhumé. Il va falloir m'habiller. Et j'ai pas envie de sortir. Va falloir trouver autre chose pour passer le temps. Tout en restant dans le lit, je ne vois qu'une chose: rêver.

Pas complètement par hasard il me vient quelque chose à l'esprit, je vous ai dit, esprit maintenant largement oxygené: je me pose une question à laquelle je chercherai une reponse. La question était : "si je dois changer de pays demain, dans quel pays j'aimerais habiter?" J'écris "pas complètement par hasard", car à ce moment mon mari est en train de se faire embaucher par la société où il travaille en tant que prestataire d'un ss2i, et on lui a demandé si ça ne lui pose pas de problème d'être expatrié.

Bref, mon cerveau travaillant à fond grace à ces foutus comprimés, je m'imagine dans un autre pays que la France. Je connais pas beaucoup de pays en fait. Comme nous tous, j'ai vu des images de tout un tas de pays à la télé, images d'ailleurs toutes aussi beaux qu'utopiques, mais j'en ai visité que quelques uns dans le monde. Dix pour être précise. A la deuxième place c'est l'Italie. J'adore l'Italie, j'aime bien les Italiens (hé oui, c'est important!), je me débrouille pour parler la langue. Mais pour y vivre ce n'est pas très simple. Si tu y arrives sans rien (oui, d'accord, c'est là où mon cerveau déconne, je me vois sortir de la France en réfugié politique, sans argent, sans travail, sans un sou tant que j'y suis!) bon, si tu y arrives sans rien, c'est aussi dur qu'en France de trouver un travail et un logement. L'Italie, ce n'est pas une option.

Le pays qui est l'heureux gagnant (enfin, non, ça fait un peu mégalo tout de même), le pays où je pourrais vivre et que je connais bien, c'est le Brésil. (et je crois vraiment que mon cerveau est suroxygené maintenant, car en étant réfugié je ne trouverais jamais mille euros pour le voyage, mais bon, continuons). Le Brésil est beau, tu peux y vivre sans avoir beaucoup d'argent, j'y connais des gens qui m'hébergeront le temps de trouver du travail... et n'existe-t-il pas une chanson "...la misère serait moins pénible au soleil..."? Je peux dormir sur la plage même! Ce qui est beau au Brésil, c'est que les gens sont incroyablement hospitalier. Tous les maisons ont dans les coins de chaque pièce, même dans la salle de séjour, des crochets, prévus pour accrocher un hamac et y faire dormir quelqu'un à l'improviste. Les haricots et le peu de viande qu'ils ont est partagé avec le nouveau visiteur, ils sont même capable d'aller acheter des choses qu'ils ne mangent jamais en temps normal, rien que pour faire plaisir. On peut trouver encore relativement facilement du travail au Brésil, les coûts de la vie sont un peu moins élevés, vu qu'il n'y a pas besoin de chauffage, ni de vêtements épais dans un grand nombre de régions, et la cachaça y est moins cher que l'eau... qu'est-ce qu'on veut de plus ?

Sur ces réflections j'aurais dû m'endormir. Mais là, mon euphorie tourne mal. Je pense à senhora Jovina qui devait aller à l'hôpital, et m'avait demandé de l'argent pour les frais supplémentaires. Et à cette autre dame, qui paraîssait avoir au moins quatre-vingts ans, que j'ai vu dans la rue vendre des chaussettes tard le soir, au lieu de se reposer devant la télé... Il ne doit pas y exister de système de retraite pour tout le monde. Il faut avoir des enfants pour prendre soin de soi quand on est vieux, seulement, il se peut que ces mêmes enfants t'amènent des bébés pour que tu en prennes soin, car eux-mêmes sont encore au collège...

Bon, ben, j'avais pensé au Brésil, finalement on n'est pas si mal en France.
Et j'ai fini par m'endormir quand-même.

Et, figurez-vous, je n'ai pas un instant pensé aux Pays-Bas, pays où je ne retourne plus jamais pour y vivre... pourquoi ? Ça sera un autre billet.

Posté par belle echappee à 17:54 - Mes rêves - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 mars 2008

La clinique

Je me souviens... Noël 2007
Comme mon bébé est trop petit encore pour faire le voyage, pas de fêtes aux Pays-Bas
Alors on va chez les beaux-parents
(oui, j'entends vos réactions jusqu'ici)
ma fille est contente: ça compte aussi.

J'arrive à esquiver les attaques de la belle-mère et les querelles de famille.
Et j'ai encore une carte dans mon jeu:

mon bébé a une légère dysplasie des hanches
et voilà que j'ai pris un rendez-vous chez un spécialiste dans la banlieue de Paris
pour le lendemain de Noël.
{"Comme c'est dommage - je peux vraiment pas faire autrement - c'est très spécifique vous savez - des spécialistes des hanches pour nourisson ça court pas les rues - encore heureux qu'il m'a trouvé un trou dans son planning - .... "}

Mon beau-frère a d'ailleurs eu la même idée et il a fait encore plus fort:
il part le jour de Noël à Lyon pour y amener sa voiture au garage...

Alors le lendemain de Noël, me voilà en route pour Melun.
Je n'aime pas beaucoup ces réunions de famille bruyantes.
Alors ça fait du bien d'être partie sur la route toute seule,
avec juste un peu de musique à la radio
(pas trop fort--risque de hurlements sur la banquette arrière...)

La clinique est superbe.
Vraiment superbe.
Elle a l'allure d'une clinique suisse, tu vois, de ces cliniques qu'on voit en général seulement à la télé,
où tu peux te refaire faire les seins pour dix mille euros
tout en étant comme à l'hôtel.
Ah, je m'y vois déjà, c'est con que ce n'est pas pour mes hanches à moi (...).

{Et c'est drôle, je ne pense pas du tout au chèque que je vais y laisser en partant.}

J'attends dans la salle d'attente.
Sur un beau canapé en cuir, bien sûr.
Les secrétaires sont belles comme des top modèles
et leur banque est faite dans un magnifique bois de racine.
En fait je m'y attends qu'on m'amène le café, mais non.

J'ai rendez-vous à une heure et demie.
Mais, à l'heure dite, personne ne m'appelle.
C'est seulement vers deux heures que les chirurgiens reviennent tous de leur déjeuner, on me dit.
Mais le canapé est confortable, je suis bien, je savoure, je rêve,
et, je ne le sais pas encore, l'attente en vaut le coup.

A deux heures dix ils arrivent, les chirurgiens.
Et voilà, eux aussi, dignes d'une clinique suisse.   {j'suis plus du tout à Melun là}
Ils sont, sans exception, grands, beaux, et surtout très bien habillés...
(putain, je me redis que c'est con que je ne suis pas là pour mes hanches à moi...)

Un de ces beaux hommes m'appelle par mon nom.
Je me lève et je le suis dans le couloir.   {j'suis prète à laisser le bébé dans la salle d'attente}
Arrivé à son bureau il me fait passer devant -- ces hommes-là ont de la classe, naturellement.

A l'intérieur encore des fauteuils en cuir, un somptueux bureau en bois, des plantes vertes, des petits statues,
et surtout une belle table d'auscultation en cuir.
Une fois installés sur les fauteuils je le regarde plus attentivement.
Il est grand, il a des grandes mèches blondes et des yeux bleus.
Il porte un beau costume gris anthracite, bien taillé, et une chemise bleu clair.
Un instant on se regarde droit dans les yeux,
puis il prend les radiographies de mon bébé.

Il me demande de le déshabiller, et
avant de me demander si mon bébé va faire pipi sur la table en cuir
je me dis
que j'ai bien fait de mettre ce pantalon taille basse
qui met bien mes hanches en valeur    {et mes fesses}
c'est un docteur des hanches après tout.

Il manipule les jambes fines de mon bébé comme si c'était de l'élastique
et moi je lui fais une confiance aveugle,
{des beaux chirurgiens dans une clinique pareille peuvent être que compétent...}
en me penchant un peu plus sur la table d'auscultation.

Il me dit que la dysplasie est presque partie
et qu'il va juste falloir lui faire des étirements des jambes.
Il me montre comment faire et me demande de le faire moi-même.
J'appuie mes deux mains sur les cuisses toutes maigres de mon nourisson qui est né avec le corps chétif d'un marathonien.

Tout d'un coup il pose ses mains sur les miennes
sa peau est douce
ses mains sont chaudes
on reste un instant comme ça
sans bouger
ses beaux yeux bleus dans les miens.

Le soleil brille sur mon visage quand je sors de la clinique.
Un jour de Noël dont je me souviendrai.

Et oui, j'ai laissé un très gros chèque sur la superbe banque en bois de racine.

Posté par belle echappee à 09:57 - Mes rêves - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1