Journal d'une batave en France

Entre mes déboires et mes rêves.

01 octobre 2009

Ça commence !

A midi, ma fille monte rapidement dans sa chambre en disant quelque chose comme "il fait chaud" et "je vais me changer"....

Et moi je crie qu'on a que trois quarts d'heure pour manger et qu'il va falloir faire vite alors.

Mademoiselle redescend: elle porte une robe à fleurs qui est tèllement courte qu'on peut presque voir son petit boxer, (hé oui, j'ai déjà cédé, quand elle n'a plus voulu mettre de culottes de "petite" fille), chaussettes roses assorties ....

Inutile de vous dire qu'elle est aussitôt remontée à l'étage pour remettre quelque chose de plus décent.

Car je vous le rappelle: elle n'a que quatre ans....

(Telle mère telle fille?)

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14 mai 2009

L'anniversaire

On fête l'anniversaire de ma fille. Ses quatre ans. J'ai invité des camarades de classe. Pas beaucoup, que trois en fait. Mais comme ils sont petits, les mamans viennent, et les frères et soeurs aussi. Dix-sept on sera, ça va vite les familles nombreuses...

J'ai fait des gâteaux, j'ai décoré la maison et la cour, il y a des tas de bonbons sur la table et des jus de fruits dans des jolis verres de toutes les couleurs. Soleil, fille en robe, maman jolie, les enfants arrivent. Ils mangent, ils jouent, il y a des grands, gentils avec les petites. Tout est parfait.

Une fille tombe, s'écorche le genou. C'est pas bien grave, je lui mets du pchitt, j'essuie et je m'apprette à coller un beau pansement. Quand sa maman me dit "il faudrait que je te dise, elle a une hépatite B, elle est vaccinée ta fille?"

Cette fille est la copine de ma fille. Ma fille qui n'est pas vaccinée. Elles jouent ensemble depuis six mois. Elles tombent ensemble, elles se font des bisous, parfois sur la bouche.

En général quand il m'arrive des choses je ne laisse rien voir sur mon visage ou dans mon comportement. C'est pas exprès, c'est mon caractère. Il faut que j'encaisse d'abord. Seule.

Mais le reste de l'après-midi je réfléchis. La fête a pris une autre tournure, mais que pour moi.

Moi non plus je ne suis pas vaccinée. Je ne l'ai jamais fait faire, car ce vaccin n'était pas au point au début de sa sortie, pouvait même donner des (pseudo-?)sclérose en plaques. Et deuxièmement, je ne considérais pas mes enfants et moi dans un groupe à risque. Je suis presque certaine de ne pas avoir touché le sang de la petite fille, mais à l'époque quand je travaillais avec l'hépatite C et le sida, je portais deux paires de gants l'un sur l'autre... là je l'ai soigné sans gants.

Et ma fille... par hasard j'ai un rendez-vous avec le pédiatre à la fin de la semaine. Il va falloir la faire vacciner tout de suite. Si ce n'est pas encore trop tard...

La fête est fini.
J'ai tout rangé, nettoyé.
Les enfants ont pris leurs douche, ont soupés et sont au lit.

Soirée seule.
Et je craque, d'angoisse.

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21 avril 2009

Les vacances

C'est cool me suis-je dit
c'est cool
ma fille part en vacances
chez papy mamie
c'est cool
comme ça, ce sont les vacances pour moi aussi

Alors hier matin elle a fait son sac
toute seule comme une grande
les vêtements pliées par elle
bien pliées, mais pas du tout comme je le fais moi
et mes mains avaient envie de tout refaire   {  serais-je un peu maniaque tout de même?  }
mais non, je n'y ai pas touché
car elle était si fière, si contente, si grande
à pas encore quatre ans

Le midi elle ne mange plus
tourte aux poireaux maison, elle adore d'habitude
mais là elle n'a pas faim
elle tourne dans la maison
fait semblant d'avoir une montre, regarde l'heure
papy mamie arrivent

Tout va vite,
à la main de papy elle part
elle monte au volant dans le camping-car
pendant que papy installe son siège auto

Attention le portail
et le sac
le manteau, les bottes, chaussures de randonnée

Un bisou encore
elle ne me voit plus

Quand je reviens dans la maison
je vois qu'elle a oublié ses chaussures
chaussures bicolores
brillantes, fraîchement cirées aux deux cires
elle est partie en tongs

C'est cool me suis-je dit
c'est cool
une semaine à faire des choses
pour lesquelles je n'ai pas le temps d'habitude

Mais en fin d'après-midi
la maison est trop silencieuse

Je range sa chambre
mais il n'y a rien à ranger   {  bah oui, avec une maman maniaque  }

Je me mets au repassage
et je me brûle la main.

Ce matin je vais faire un peu de shopping
et mon garçon dans la poussette hurle
même dans les cabines d'essayage des dames.

C'est cool me suis-je dit
c'est cool
une semaine de vacances
et si demain je ferais une grasse matinée ?

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17 mars 2009

Où sont mes cheveux?

Mon bébé (qui n'en est plus un d'ailleurs), a des cheveux longs. En fait, quand il était tout petit je lui ai déjà rasé l'arrière du crane, car ses cheveux commençaient à être longs seulement derrière, dans la nuque, et comme à l'époque il ne pouvait que rester couché, les rejets de lait collaient vite dans ses cheveux. Mais après cette première coupe de cheveux, j'ai voulu lui laisser pousser les cheveux longs. Car j'avais des plans pour son image d'homme.

En fait j'avais en tête de lui faire pousser les cheveux longs. Longs comme Jean Sarkozy ou Gwendal Peizerat, vous voyez, une belle crinière avec deux ou trois mêches juste un peu plus blondes que sa couleur à lui. Mais bon, on n'en est pas encore là: je vous rappelle qu'il a seize mois et ses cheveux ne poussent pas comme je veux.

En fait, sur l'arrière de son crâne ils poussent bien. Et en haut sur la tête aussi. Mais sur les côtés ça ne veut pas pousser du tout. Devant il a une mèche qui lui tombe dans les yeux. En gros, ce n'est pas beau. Autant de plus que ses cheveux sont fins, très, très fins.

J'ai souvent entendu que les cheveux des bébés s'épaississent quand on les coupe ras. Et comme sa coiffure n'en est pas une aujourd'hui... ma décision est faite.

Ce matin on coupe les cheveux de mon garçon. Pour tout vous dire, j'ai commencé hier soir déjà. Hier soir avant la douche. Je pensais faire ça rapidement, un coup d'eau sur son petit corps pour tout rincer, et le tour est joué. Ma fille était venu regarder. Mais quand j'ai rapproché la tondeuse de la tête de mon garçon, il s'est mis à hurler. J'ai rasé que l'arrière de sa tête hier soir. Il hurlait tèllement que ma fille, en larmes elle aussi, m'a supplié d'arrêter. Alors j'ai craqué, et exeptionnellement, je les ai mis tous les deux devant le père castor... Et ce matin je lui ai mis un bonnet sur sa coiffure non-terminée, pour aller amener ma fille à l'école.

Et une fois qu'on est tous les deux, il va bien falloir finir ce qu'on a commencé. J'allume la tondeuse--oui, je ne fais pas les choses à moitié--et il se met tout de suite à pleurer. Ça ne prend qu'un quart d'heure. Il est tout rouge d'avoir pleuré autant. Et son petit corps couvert d'un duvet de ses petits cheveux fins. Plusieurs poignées de cheveux quand-même, je ne pensais pas qu'il en avait autant.

Je le lave et je le rince. C'est bizarre de le voir sans cheveux, enfin, il n'est pas vraiment chauve, je l'ai millimétré. Je le mets debout sur le bord du lavabo pour qu'il se regarde dans la glace. Il se regarde, il sourit, puis il attrape sa tête. Il doit s'y habituer aussi, il n'arrête pas à se frotter la tête avec ses petites mains. Où sont mes cheveux?

Ses cheveux semblent beaucoup plus clairs maintenant, plus blonds, courts comme ça. Et finalement je le trouve presque plus joli. Peut-être j'abandonne l'idée des mêches longues? Il a le temps encore de jouer le politicien.

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30 janvier 2009

Mon fils.

Rien que d'écrire "mon fils" ça me fait bizarre. Je ne le dis jamais. Et je ne sais pas vraiment pourquoi. Enfin, peut-être oui.

Tout a commencé avant qu'il naisse. Quand j'avais accouché de ma fille, je voulais tout de suite un deuxième enfant. Parce que ça me paraissait bien, qu'ils aient peu de différence d'âge. Et aussi pour en finir avec les grossesses, que je n'aimais pas du tout, et pour recommencer le sport... Enfin, on habitait dans un T2 dans le centre de Villeurbanne, ma fille avait eu la chambre, nous dans le salon, ce n'était pas l'idéal pour un deuxième bébé tout de suite. Mais quand elle avait sept mois, on a changé de région, et déménagé dans une maison: c'était le moment.

En une année j'ai perdu deux bébés. Et avec eux tout envie d'en avoir encore. Pourtant je tombai enceinte pour une quatrième fois. Je n'avais plus envie d'un deuxième enfant. Pour différentes raisons. Sûrement à cause des deux fausses couches. Mais aussi, j'avais horreur des grossesses, qui se passaient pourtant tranquillement, contrairement aux nombreuses autres femmes. Et également, parce que j'avais une très grande complicité avec ma fille. On était inséparables. Chaque matin on prenait le café sur la terrasse (eh, biberon pour elle), on allait acheter le pain en ville, les fins d'après-midi on se baladait ensemble dans le quartier. On se comprenait sans parler. C'était vraiment magique, finalement un autre bébé pourrait déranger tout ça. Chose que je n'aurais pas remarquée si le deuxième bébé serait né neuf mois après la première.

Alors cette quatrième grossesse était bien là. Je me souviens que je n'étais même pas contente. Jusqu'à la fin du quatrième mois je n'en ai parlé à personne. J'étais maigre, et en quatre mois je n'avais pratiquement pas pris de poids. Quand ça commençait à se voir, il fallait quand-même aller l'annoncer aux amis. Je me souviens que Cohen, en voyant mon manque d'enthousiasme, me demandait si c'était un bébé voulu. En parlant comme ça, il m'a dit quelque chose de beau: "ta fille ne restera pas fille unique". Et c'était ça. Si je n'étais peut-être pas très emballée pour ce deuxième bébé, ma fille elle, aura un frère, un camerade de jeu, un confident peut-être; elle ne restera pas seule.

Alors j'ai sagement subi les cinq mois restants de ma grossesse. Et l'accouchement, facile et rapide. Un beau petit garçon est né. Les premiers quinze jours j'ai eu du mal à l'adopter, je ne parle surtout pas encore d'aimer. Pourtant c'est un petit garçon modèle. Une fois à la maison, après cinq jours de maternité, où le personnel nous reveillait tous les nuits, il dormait tranquillement les nuits en continue. Il ne pleurait jamais. Il buvait sagement, pour se rendormir aussi tôt. Peut-être sentait-il qu'il devrait se faire un peu petit les premiers temps?

C'est un garçon adorable. Contrairement à sa soeur, il est très calin. Il peut déjà, petit comme il est, m'enlacer avec ces petits bras et presser son visage contre le mien. Il est très indépendant, joue tout seul dans son coin, mais de temps en temps il vient me voir, tape sur ma jambe, rit, et repart.

Ce matin c'est Gabriella qui chante, rien que pour nous deux. Mon garçon est assis sur ma hanche, sa petite main droite sur mon épaule, sa main gauche dans la mienne. On danse. Tous les deux on flotte sur l'air de la chanson. Ses cheveux fins mi-longs dans le vent. Avec ses beaux yeux bleus il me regarde amoureusement. Je l'aime.


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12 décembre 2008

Petits secrets en famille.

Ma fille a un don. Pas tout le monde y croit. Mais moi oui. Mon père aussi.

Ma fille lit dans mes pensées. Seulement dans les miennes je pense. Pas tout le temps, mais parfois oui. Elle sait des choses qu'elle ne peut pas savoir. Des choses qui sont seulement dans ma tête. Par exemple: je suis dans la cuisine, je regarde le jardin par une fenêtre qui est trop haute pour elle, je vois des étourneaux manger des pommes dans le pommier. Et elle me dit "les oiseaux mangent les pommes?"

Mon père me dit que j'avais ça aussi quand j'étais petite. J'en avais déjà entendu parler, mais comme on constate que ma fille a ça maintenant, on en reparle. Il me raconte, qu'il amenait parfois des agendas ou stylos publicitaires de son travail. Et pour décider à quel enfant il l'allait donner, il prenait une chiffre entre zero et vingt dans la tête. Et à coup sûr je devinais ce qu'il avait... jusqu'au jour où les autres enfants protestaient! Ce don, je ne l'ai pas entièrement perdu. Parfois, je sais tout d'un coup quelque chose sur quelqu'un. Quelqu'un avec qui j'ai un lien ou une affinité spéciale. Tout d'un coup je sais quelque chose que je ne peux pas savoir. Mais c'est rare.

Pour ma fille, c'est bien, mais pas toujours. Elle sait dire ce que mon bébé a. Ça oui, c'est pratique. Elle dit qu'il a mal à l'oreille, chez le médecin on constate une otite.

Ça devient moins bien, quand elle commence à lire mes pensées intimes... Comme ça un matin, elle a sorti le prénom de mon amoureux secret en plein petit déjeuner. Comme si pour elle mes pensées sont aussi communes que les choses réellement dites.

Hier je l'entends jouer dans le salon. Elle est assise sur le canapé, elle feuillette un catalogue de jouets de Noël. Elle dit "je vais voir ce que le petit Jésus m'amènera pour Noël..."
{ c'est dans la famille de mon mari qu'on dit que c'est le petit Jésus qui amène les cadeaux, au lieu du père Noël--chez moi en Hollande, on donne les cadeaux le 6 décembre, et c'est le Saint Nicolas }

Les cadeaux pour mes enfants je les ai achetés sans eux, et je les ai cachés sur la mezzanine de l'annexe à ma maison, endroit où elle n'a jamais mis les pieds, car l'escalier est trop dangereux pour elle. Et pour elle j'ai pris une très grande boîte de Playmobil...

Quand elle feuillette ce catalogue, j'ai tout de suite ce flash dans ma tête, que je ne dois surtout pas penser aux cadeaux, mais vous savez comment c'est, les pensées... ils se présentent tèllement vite dans notre esprit, qu'ils sont déjà là avant qu'on y pense...

Elle tourne les pages et je l'entends dire "ah, je sais déjà, c'est du Playmobil".

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09 décembre 2008

Matinée magique

Matinée magique.
J'ai amené ma fille à l'école.
Il fait froid.
J'habite près du centre ville, les toits en vieilles tuiles bourgogne sont beaux, plein de givre.
Le quartier est silencieux, presque encore plus silencieux que d'habitude.

Je reviens avec mon garçon dans ma cuisine bien chauffée.
Il n'a pas encore bu son biberon, tèllement on était pressés ce matin.
Sur mes genoux il boit sa bouillie.

Il a soif, je trouve qu'il a vite terminé.
Alors je lui propose
- tu en reveux ?
il me regarde et il me répond
- oui

à mon grand étonnement il me répond
je suis si étonnée que je répète ce qu'il a dit,
et il me le confirme avec un autre "oui"
très clairement prononcé

On a eu notre premier échange de mots
un vrai échange
il m'a répondu et c'était vraiment ce qu'il voulait
il a rebu encore du lait
il avait soif

c'était magique

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08 décembre 2008

Expérimentation du matin

Question : combien de temps prend le paracetamol pour arriver à baisser la fièvre chez le nourrisson de un an ?
Réponse : trente secondes.

Le test : On prend un nourrisson vif d'habitude, mais affaibli par une fièvre, de préférence au delà de 39°C.
On lui administre une dose de paracetamol, attention de ne pas lui donner plus que la dose poids indiquée tout de même.

{   oui, oui, c'est par la bouche cette fois-ci -- j'ai vérifié deux fois voyez-vous   }

Déclancher le chronomètre.
On garde le nourrisson assis sur les genoux, et on arrète le chrono quand il commence à piétiner votre ventre, ou quand il tombe par terre (eh, par la force de ses propres muscles quand-même, s'il tombe par terre par manque de force musculaire, il y a une autre souci, va falloir consulter automedication.com...)

Et voilà, moi qui pensait pouvoir profiter d'un petit calin de mon garçon ce matin, garçon d'habitude pas très patient de faire des calins à sa maman, ce matin précisément car il est un peu abattu par la fièvre... j'étais bien déçue, car après trente secondes le garçon en question, se retourne sur mes genoux, s'agrippe à mes cheveux, monte sur mon ventre avec ses nouvelles chaussures, glisse, manque de tomber... heureusement j'ai de bonnes reflexes.

Il repart dans la salle où de nombreux jouets l'attendent, et laisse maman avec la vaiselle.

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24 novembre 2008

Moi et... les médicaments

oordruppelsMa fille est malade.
Elle est très enrhumée, et elle se plaint d'une douleur à l'oreille.
C'est sûrement une otite, je l'emmène chez le médécin.
Diagnostique juste: on repart avec une ordonnance.
Des antibiotiques et des gouttes.
Je passe à la pharmacie pour les chercher tout de suite.
Mon garçon a eu une otite il n'y a pas très longtemps, il avait des antibiotiques et des gouttes aussi.
Mais pas les mêmes marques.
Dans la pharmacie je regarde rapidement la posologie sur l'ordonnance, je vois que là, il y a tout de même 140 gouttes à administrer chaque matin !
J'en blague encore avec la préparatrice: "elle va jamais rester tranquille pendant que je compte 140 gouttes!"
La dame ouvre la boîte et on constate ensemble qu'il y a une pipette dedans avec une graduation de 20 ou 40 gouttes--je n'ai pas besoin de compter jusqu'à 140 pendant que ma fille se débat pour s'échapper.

Une fois à la maison, l'antibiotique à la banane bue, je l'installe sur une planche sur la baignoire, planche que j'utilise pour habiller mon bébé après la douche. Tête panchée d'un côté, elle commence déjà à protester. Crier et se débattre même. Je pense encore que ça va être dûr de lui mettre, ne serait-ce qu'en quatre fois, les gouttes.

Je la plaque bien sur la planche et je vide une pipette de 40 dans son oreille.
Elle hurle qu'elle a mal.
Elle veut retourner sa tête.
Elle ne veut plus d'autres gouttes bien sûr.

Et moi, je suis embêtée.
Pas parce qu'elle se débat.
Mais parce que son oreille est pleine.
Après quarante gouttes elle est déjà pleine.
Comment je vais en mettre les cent autres?
Ça commence à déborder même.
Et c'est très collant comme produit.
Elle en a rapidement dans les cheveux et dans le pull.
C'est vraiment collant.
Et comment je vais faire maintenant pour l'autre oreille aussi.

Je réfléchis.                {  si, si, ça m'arrive aussi }
Je reprends la boîte.

"Solution buvable".

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11 novembre 2008

La photo

Le photographe viendra à l'école.
Alors la veille je prépare une belle robe
un sous-pull rose (bien sûr rose)
le collant couleur crème
(oui, celui qu'elle perdait en marchant, mais j'y ai mis un élastique)
chaussures mauves, bien cirées
elle me demande encore si la robe a bien été repassée...

Le matin-même elle met un vieux jean
et un pull déjà porté
oui, vous êtes bien sur le blog d'une maman prudente
car le cacao du matin ne tombera jamais sur le vieux jean, vous savez...

Alors après le petit déjeuner on enfile la robe à mille plis
que j'ai soigneusement repassé hier soir encore
on brosse ses cheveux -- il faut savoir qu'elle a une centaine de boucles
et quand on commence à brosser,
ça peut se transformer vite en une coiffure très, très volumineuse...

La voilà partie à l'école
bien sûr elle court
et bien sûr elle manque de tomber
je la rattrappe de justesse.

Cinq jours après on reçoit la pochette de photos
on ouvre
et je ne sais pas, si je dois rire ou pleurer
elle fait la tête sur chaque photo
elle boude, sa bouche tordue dans une drôle de grimasse
elle vient sûrement de pleurer très fort
la maîtresse me dit qu'elle ne voulait pas se faire photographier
elle a tout essayé...

Le photographe fait tout ça avec l'ordi
je remarque même qu'il a fait disparaître un petit bouton qu'elle avait encore de la varicelle.
Alors ce photographe peut vendre d'autres photos
et tous les exemples sont dans la pochette

fille fâchée grand format
fille fâchée en photo d'identité
fille fâchée sur poster
fille fâchée à côté d'une bougie rouge et or "joyeux Noël"          {  comment expliquer à mamie }
fille fâchée à côté d'un bonhomme de neige "meilleurs voeux"
fille fâchée sur porte clef
fille fâchée sur toile avec cadre en bois
fille fâchée sur calendrier 2009                   {   comme ça j'en aurai pour toute l'année   }

Ses toutes premières photos de l'école.

Posté par cbatave à 10:25 - Mes enfants - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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