Journal d'une batave en France

Entre mes déboires et mes rêves.

07 avril 2008

Pourquoi courir dehors ?

Dimanche matin.
7h30.   { et non, je ne me lève pas à six heures le dimanche ! }
Il fait que six degrés: il va falloir bien s'habiller.
Aujourd'hui je cours pour la première fois, depuis deux ans, dehors.
D'abord un peu dans la ville, mais rapidement dans la campagne, le long de l'Yonne.

Il n'y a aucune voiture dans les rues.
Pas de piéton non plus d'ailleurs.   { tant mieux: le piéton à cette heure-ci peut être qu'accompagné d'un chien...  }
Il fait très froid.
Je suis habitué à courir dans mon petit annexe; la temperature y est un peu meilleure.
Et il n'y a pas de vent non plus.
Rapidement j'ai les mains toutes rouges.
Puis je commence à avoir froid dans tout le corps...   { c'est bien ces vêtements techniques qui respirent, mais ils ne sont pas chauds pour autant...  }

Aux bords de l'Yonne j'entends toutes sortes d'oiseaux.
Des cris que je ne connais pas.
Des oiseaux que je ne vois pas toujours.
Il y a un voile de brume sur l'eau calme.
Inutile de préciser que je suis la seule à courir à cette heure-ci...

Ce qui concerne ma condition, ça va plutôt bien.
Je tiens un bon rythme, je n'ai mal nulle part, j'arrive même à faire attention à ma foulée.
Je décide de faire un petit tour d'environ quatre kilomètres, puis avec l'aller-retour vers la maison, ça me fera sept kilomètres et demi. Loin derrière moi le temps que je faisais des sorties longues de trente kilomètres, le samedi ou dimanche matin...
Que j'étais tèllement fatiguée que je me vautrais sur une racine d'arbre ou un caillou, car je n'arrivais plus à me lever les pieds comme il faut...

{  Mais cependant je regrette ces temps-là !  }

Et oui, maintenant il faut que je me contente avec ces sept piètres kilomètres et demi.
Enfin pour l'instant.
Je suis bien comme ça, ma fréquence cardiaque aussi.
Jusqu'au moment que j'aperçois quelque chose de blanc d'entre les arbres.

Quelques foulées plus tard je vois ce que c'est.
Des caravanes.
Et merde.
Des manouches.
Et qui dit manouche, dit chien.
Chien cinglé, chien sans laisse, chien déjà bien réveillé...
... et "maître" encore au lit bien sûr.
Encore quelques foulées et je peux tourner, m'écarter de la rivière.
Je n'entends pas aboyer.
Ca va. Echappée belle.

Je tourne bien encore.
Il fait toujours froid, il commence à pleuvoir même.
{ ... et voilà que je pense à mon tapis roulant auquel je suis en train de faire des infidélités ... }

Mais une fois de retour à la maison, je me fais un chocolat bien chaud et avec mes tartines beurrées et une grosse couverture, je m'installe devant le marathon de Paris.
Encore une petit heure à moi avant que les enfants se reveillent !

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26 mars 2008

ça y est !

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Et voilà le travail !
Une paire de chaussures toutes neuves.   {trouvées chez les spécialistes à Paris quand-même--qu'est ce qu'on ne fait pas pour la course à pied...}

Vous, non coureurs, vous allez vous dire: "mais qu'est-ce qu'ils ont ces coureurs de photographier leurs chaussures et de les balancer sur leur blog..."

Et en fait, je ne sais pas.
En plus j'ai eu la flemme d'aller chercher mon appareil photo et de les photographier, alors c'est une photo trouvée sur internet. C'est juste pour vous montrer qu'elles sont d'une couleur impossible: franchement, où est-ce qu'ils ont été chercher ce bleu...! Et comme je m'entraîne toujours encore sur le tapis (pour 30min de course ça ne vaut pas le coup de sortir) elles ne vont pas se salir aussitôt...

Va falloir faire un peu de jardinage avec peut-être...

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10 mars 2008

Et je cours toujours...

La reprise de la course à pied se passe plutôt bien, sauf que j'ai toujours tendance à en faire de trop... Le quatrième jour j'avais déjà couru une heure entière, pour ensuite me faire gronder par mon entraîneur: c'était trop vite trop longtemps. Alors voilà, ça fait trois semaines que je cours sagement une demi-heure par jour avec deux jours de repos par semaine... et ça sur des chaussures qui doivent avoir au moins 5000 kilomètres ! (eh oui, avec environ 100km d'entraînement par semaine, tu peux négliger les kilomètres faites lors de quelques semi et un marathon, et je crois qu'elles ont plus d'un an de vécu...)

Alors il va falloir que je m'en achète une paire. Plus facile à dire qu'à faire. Avant j'habitais à Lyon, où il y a trois magasins spécialisés dans la course à pied. Maintenant j'habite dans une petite ville où il n'y a rien. Quand je dis rien, c'est vraiment rien: il y a un intersport qui est plus spécialisé dans la mode que dans le sport, alors tu y trouves que des chaussures de kéké. Mais si je ne change pas rapidement de chaussures je vais me blesser. Sur le tapis roulant ça va, mais sur la route je sens les petits cailloux à travers de la semelle fine. Et samedi je sentais le tendon d'achille tirailler... (bon, ça peut être un manque d'étirements aussi, voir même une légère déshydratation, car j'allaite toujours mon bébé...)

Et d'ici une semaine je peux augmenter l'entraînement de 10 minutes ! Oui, vous le comprenez bien, je fais aveuglement ce que dit mon entraîneur, car il est très bien documenté et il ne s'est jamais trompé sur mon pouvoir d'encaisser les entraînements durs! Et, grace à lui j'ai tèllement souffert lors des entraînements que j'ai fait mon marathon "les doigts dans le nez" comme aurait dit BièreBremier...

Et quand je dis tèllement souffert, ça veut dire que j'étais si crevée chaque jour que je dormais dans la voiture pendant ma pause de midi, et que chaque jour j'avais hâte d'être mercredi, jour de repos....
(Vous voyez maintenant pourquoi Laure Manaudou a abandonnée les entraînements de Philippe Lucas, si déjà à mon petit niveau c'est si dur....)
Mais on n'a rien sans rien, alors j'écoute sagement mon entraîneur et je profite des petits entraînements, car avec juste une demi-heure de course je ne suis pas du tout fatiguée ! (ce qui me laisse des forces de bêcher mon jardin, mais chut! ne dis rien à l'entraîneur en question...!)

Posté par cbatave à 17:09 - Manger, bouger... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 février 2008

La course !

Ca y est ! Mon bébé a trois mois demain, alors je recommence la course à pied. C'était juste une question de principe que j'ai attendu trois mois après l'accouchement. J'aurais pu recommencer plus tôt, avec tous ces entraînements que j'ai fait sur le rameur. Mais bon. Je recommence, c'est tout.

La maison est encore bien silencieuse quand je sors. Sans manger de tartines beurrées cette fois-ci. Pour pas les vomir sur ma machine, et aussi pour habituer le corps à prendre son énergie dans les reserves de graisse. Ce qui est très important quand on court un marathon, car ce n'est pas en mangeant des fruits secs et du pain d'épices au ravitaillement qu'on avance pendant la compétition. Parce que pendant la compétition le corps s'occupe principalement de ces muscles et de son coeur, et la digestion est temporairement arrêté...

Alors ce matin je change de machine. Eh oui, je cours sur un tapis de course, car j'ai toujours mes enfants que je ne peux pas laisser tout seul à la maison. Et aussi parce qu'il fait encore nuit quand je commence, alors je risque de me faire faucher par une voiture. Comme ça j'ai pris un matin un volet en plein figure... ceux qui me connaissent savent qu'il m'arrive toujours des trucs comme ça, alors mieux vaut éviter et rester tranquillement faire du sport chez soi.
Le tapis de course se trouve dans la même annexe que le rameur, entre le congélateur, un vieux canapé, des outils de jardin. Sur un meuble se trouvent une dizaine de coupes que j'ai gagnées il y a quelques années déjà. Je les regarde pendant que je démarre la machine. Va falloir travailler dur pour arriver aux temps d'il y a quatre ans...

Mais la motivation est là: si on dit qu'une compétition se court pour 50% dans la tête, ça compte aussi pour l'entraînement. Je cours les premiers mètres d'un pas pas très assuré. Ce n'est pas très facile de courir sur un tapis de course, et ça fait un petit moment que ce tapis m'attend... Mais les sensations reviennent vite et j'arrive à courir même assez facilement.

La radio joue "Let me out" de Ben's Brother et le soleil se lève. Je suis juste heureuse d'être là, à cet instant, avec ces rayons de soleil sur mon visage, toute seule avec ma musique.
La course est une de mes deux addictions. Et me revoilà donc, de nouveau dans la course.
Je reviendrai à mon ancien niveau. C'est certain.

Posté par cbatave à 16:23 - Manger, bouger... - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 janvier 2008

Le rameur

Il est 6 heures du matin. Rapidement je mange deux tartines au beure salé. Puis direction l'annexe à ma maison, où se trouve la "machine à torture": le rameur.

J'ai fait du sport toute ma vie. Malgré que mes parents et mes frères et soeur n'en faisaient pas du tout, détestent même. (j'ai toujours été un peu le "odd one out"). En passant par le triathlon je suis arrivée à la course à pied. Ce que je fais depuis pas mal d'années déjà. Sauf que, pour avoir mes deux enfants, j'ai dû m'arrêter un moment. Et voilà il y a trois semaines que j'ai repris le sport. D'abord par le rameur, état donné que ça faisait que sept semaines que mon bébé est né.

Il fait froid dans l'annexe. Je règle la radio à fond--casque sur la tête. Les premiers dix minutes sont dures, autant de plus que la radio joue des musiques trop douces. Une fois mes muscles échauffés ça va mieux. Et la radio m'aide avec U2.

J'accelère. Je me sens bien, l'adrénaline arrive. Pour la première fois depuis ces trois semaines de reprise. Un bon ami me disait récemment que la course était une drogue pour moi. Et il a raison. On se sent euphorique quand tout va bien. Et on pense pouvoir accélérer encore, mais le corps ne peut pas toujours suivre. Ce matin je déscends vite sur terre car c'est mes bras qui ne suivent plus. J'ai du mal à tenir la poignée. Cependant je peux garder la vitesse. Ca fera un bon entraînement.

Mais trente minutes après, la radio joue Tracy Chapman.

Depuis quatre ans je ne peux plus écouter Tracy Chapman.
Ma maman aimait sa musique.
Elle chantait et dansait dans le salon.
Elle dansait comme dans les années soixante-dix.
Quand on est ado c'est ringard--plus tard on aime bien.
Quelques mois avant sa mort je lui avais offert le dernier disque.
Mais maintenant la musique de Tracy Chapman me fait penser
à ces dernières semaines qu'on a passées auprès d'elle.
Pour mourir à la maison.

Alors la musique me donne un chat dans la gorge.
Je ne peux plus respirer.
Et je lâche tout.

Quand je sors de la douche mon bébé pleure.
La journée commence.

Posté par cbatave à 16:58 - Manger, bouger... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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