Ce blog a été éliminé

Il y a encore un tas de rêves ... qui ont été déménagés !

27 janvier 2009

Wat eten we vanavond ?

(Qu'est-ce qu'on mange ce soir ?)

J'ai appris à cuisiner en Hollande. En regardant ma mère faire. Enfin, j'ai appris à cuisiner, c'est beaucoup dit. J'ai appris à cuire les différents aliments, afin de ne pas les servir crus à table. Et ce n'est pas très compliqué. Tous les jours, ma maman préparait ainsi des pommes de terre cuites à l'eau, une viande cuite dans du beurre, et un légume, cuit à l'eau aussi. La viande donna du jus, avec un peu de fécule de pomme de terre et du beurre, elle en faisait encore plus: jus qu'elle mettait dans un beau récipiant sur la table, et qui, après le repas, était mis au réfrigérateur pour demain. Jus qu'on versait sur les pommes de terre, décidemment très sèches sans. Voilà la cuisine de ma mère. Voilà la cuisine hollandaise.

Aujourd'hui les choses ont un peu changées en Hollande. A l'époque, la plupart des mamans étaient au foyer. Il y a encore des mamans au foyer, plus qu'en France même, mais aussi beaucoup de mamans travaillent comme leur mari. Alors elles rentrent tard, enfin, le mot tard est ici aussi très rélatif. Car les Hollandais mangent leur repas du soir tôt dans la soirée, extrèmement tôt même. C'est quelque chose qui est bien ancré dans les moeurs hollandaises: la sortie des usines est à quatre heures de l'après-midi, alors quand papa rentre, on mange. (En sachant que les écoles primaires, comme les collèges et lycées, sortent entre deux et trois heures de l'après-midi). Bien sûr, il n'y a pas que des usines, mais les autres entreprises se vident aussi entre quatre et cinq heures de l'après-midi, (les gens ont par contre l'habitude de commencer tôt le matin): c'est très rare de trouver encore beaucoup de monde dans les entreprises à six heures du soir.

Bref, les mamans travaillent donc de plus en plus, et n'ont pas toute l'après-midi pour préparer le repas du soir. Les pièces de viande qui demandent de mijoter longtemps, n'étaient déjà pas très nombreuses dans les recettes hollandaises, aujourd'hui elles n'y figurent plus du tout. Car, comme le Hollandais aime manger son repas du soir tôt, il aime aussi faire ses courses au jour le jour, c'est à dire, tous les soirs avant de se mettre à cuisiner. Et ça aussi, ça prend du temps.

Aux Pays-Bas on n'aime pas les hypermarchés. Ils sont par conséquent tout simplement interdits. Les courses d'alimentation se font dans des petits supermarchés de proximité. Et il y a une chaîne de supermarchés qui a clairement pris le marché: c'est Albert Heijn (ceci étant le prénom et le nom du fondateur). Il y a des Albert Heijn dans chaque quartier, à chaque fois ce sont des petits surfaces, avec qu'une dizaine de places de parking (tout le monde vient en vélo de toute façon), et on y vend pratiquement que de la nourriture.

Et comme Albert Heijn aime garder ce monopole facilement obtenu, ils entretiennent la fidélisation. Bien entendu, on y connait la carte de fidélité, bien avant qu'on avait prononcé le mot en France. Pour fidéliser le client pressé d'aller chauffer ses aliments le soir, on a inventé un très beau concept.

Au debut du magasin, il y a un rayon. Le rayon "Wat eten we vandaag ?" ("qu'est-ce qu'on mange aujourd'hui?"). Au début du rayon se trouve une dizaine de petites cartes. Des cartes avec des recettes, aussi faciles que rapides. (attention, ne confondez pas faciles et rapides avec appétissantes et saines!). Et les ingrédients, nécessaires pour réaliser ces recettes, se trouvent tout simplement dans ledit rayon. Alors, le client peut passer à toute vitesse devant, saisir une carte recette voorgerecht ("entrée") (d'accord, d'accord, s'il a beaucoup de temps), puis une carte hoofdgerecht ("plat principal"), et s'il est vraiment fou, il prend nagerecht ("dessert") aussi, il attrape les ingrédients correspondants, passe au rayon vins et à la caisse rapide, et le tour est joué. Bien entendu, le client peut aussi se rechauffer un repas tout-fait, qui se vend dans des sachets au rayon congélateur. Mais avec les "cartes-recettes", ce même client a l'impression de cuisiner vraiment, et un vrai repas: nuance!

Naturellement, j'ai collectionné quelques de ces cartons magiques pour vous. J'espère que vous êtes tous bien assis, sinon, il va falloir d'abord chercher une chaise.
Prêts ?

carton_1Carton 1, plat principal: hauts de cuisse de poulet, haricots verts, et une pomme de terre dans laquelle on a tartiné un fromage frais aux herbes "Albert Heijn" et, ah oui, on y jette un peu d'oignon par dessus. Le tout prêt en 20min, c'est le temps de cuisson des pommes de terre et les haricots verts, car le Néerlandais ne connaît pas la cocotte minute, et ne veut surtout pas la connaître. Il faudrait aussi savoir que les Hollandais achètent les légumes comme les haricots verts, carottes, courgettes etc, déjà lavés et équeutés par Albert Heijn... hahaha, je me souviens encore de la tête de mon papa, qui a vu mes carottes du jardin, pas du tout oranges, et ne savait pas que les carottes s'épluchent!!
Bon, un premier repas même pas très calorique, enfin, peut-être le demi "faux-boursin", pour un repas du soir... (mais oui, ça fait passer la patate à l'eau!)

carton_2Carton 2, encore un plat principal: quatre asperges, deux petites lamelles de courgette et quatre mini-patates, les asperges étant de conserve, les patates vendues épluchées, et la sauce "Albert Heijn" vendue toute prète... je ne vois pas comment ils font pour passer une demi-heure pour préparer ça. Cependant, pour 440 kcal par portion, (c'est marqué au dos), je crois qu'il faudrait mieux appeler ça entrée...

carton_3Carton 3, plat principal au "poisson": croquettes de poisson, mini-carottes et purée de pommes de terre (oui, oui, on retrouve la patate dans chaque plat!). Les carottes sont vendues épluchées en petites boules, la purée sort d'un sachet "Albert Heijn", les figures de poisson reconstituées d'un carton "Albert Heijn" aussi... Bien. Passons au dessert.


carton_4Carton 4, salade de fruits et crème fraîche au citron. Voilà, c'est tout. La salade de fruits est vendu dans un bac en plastique "Abert Heijn". Dans la crème fraîche tu fais tomber quelques gouttes de jus de citron concentré (petite bouteille). Quelques amandes à jeter par-dessus et le tour est joué.

 

Je vous ai gardé un carton pour la fin. Ce carton s'appelle "bonus". Tout le monde peut le faire (même mon mari). C'est le repas une minute:

carton_bonus

 

BON APPÉTIT !

 


P.S. Il faudrait savoir que le Néerlandais, en mangeant à cinq heures du soir, eh, de l'après-midi, aura faim vers huit, neuf heures. Et c'est là, où il sort le vin, la bière, les chips, les dés de fromage, crevettes, moules, et rondelles de saucisson. On trampe tout ça dans des sauces variées "Albert Heijn". C'est encore meilleur devant un bon match. Et hop, 500 kcal.

P.P.S. Inutile de préciser que moi, je fais des repas traditionnels, bien français... Ma fille aime tant la cuisine française que, quand on a mangé un jour dans un restaurant "kebap" (c'est très rare--ils n'y ont pas de bière--là, on n'avait pas le choix!), après le plat principal, elle dit: "bon, on passe au fromage?"

Posté par belle echappee à 15:53 - La Hollande - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


16 janvier 2009

Je me souviens...

La guerre de 1939-1945 est encore très présente dans l'esprit des Néerlandais. Chaque famille a des grands-parents et même des parents qui ont vécu la guerre. Ma maman vivait dans une famille riche, qui possedait des résidences secondaires où son père et ses oncles allaient se cacher. Mais mon papa vivait dans une famille très modeste, et son père partait au front. Sa maman restait à la maison avec six petits enfants, mon père étant le dernier, il est né en décembre 1939. Son père fut blessé au ventre le 12 mai 1940, un collègue de son régiment venait chercher sa femme en vélo, pour qu'elle le vît encore avant qu'il mourût. Ils ne pouvaient pas l'amener à l'hôpital, car les combats étaient trop intenses. Le courageux collègue a fait une trentaine de kilomètres aller et les mêmes kilomètres retour avec ma grand-mère sur le porte-bagages, sur des petites routes sablonneuses, traversant des petites rivières, pour ne pas prendre les grands axes. Quand enfin ils arrivèrent, le 13 mai, son mari était déjà décédé.

Mon père nous parlait souvent de la guerre. Comment ils s'étaient cachés dans la cave quand les avions arrivaient, comme il voyait par la fenêtre les bombes tomber, combien leur petite maison tremblait. Eindhoven était une des premières villes des Pays-Bas qui était libérée: le 18 septembre 1944, l'armée américaine par le nord, et l'armée britannique (conjointement avec des irlandais) par le sud.

bevrijding1Et depuis septembre 1945 la ville fête grandement cette libération. Je suis un peu attristée quand je vois, complètement par hasard, car on en n'a pas fait d'annonce, il y a quelques mois, un tout petit groupe de gens en uniforme, commémorer quelque chose dans ma ville, ici en France. Je dis "quelque chose" car au jour d'aujourd'hui je ne sais pas ce qui a été commémoré. Visiblement en France, on ne fête pas la libération comme chez moi.

bevrijding2A Eindhoven, j'ai vécu des dizaines de fêtes de libération. Je me souviendrai toujours de l'impact que ça a eu sur moi. C'est très, très impressionnant. C'est véritablement comme si la guerre vient de se terminer. Des chars et autres voitures militaires défilent dans la ville. De très nombreux anciens combattants sont invités. Et toute la ville est sortie. Si on ne vient pas très tôt on ne voit rien, tant il y a de monde.

bevrijding3Les gens crient "thank you" et applaudissent. On a la chair de poule, beaucoup d'anciens sont émus. A la fin du défilé on peut aller parler avec les soldats américains et anglais, ils racontent comment ils sont venus dans la ville, comment ils ont vécu cette libération. C'est étonnant de voir qu'ils font chaque année ce voyage vers les Pays-Bas, rien que pour participer à ce défilé, surtout que nombre d'entre eux ne sont plus très jeunes!

bevrijding4Je me souviens d'avoir rencontré un couple britannique sur un camping, lors des vacances à Annecy. Le mari avait participé à la libération d'Eindhoven, et il était arrivé par le sud, coin que je connais comme ma poche, car j'y ai passé tout mon enfance. C'est bizarre, mais c'est la première chose qu'il m'a dit, quand on s'est rencontré. Car il savait que pour moi, qui venait des Pays-Bas, ça signifiait beaucoup de choses. Il disait que les Néerlandais étaient les seuls qui réellement ont remercié leurs libérateurs. J'allais souvent voir ce monsieur pour écouter l'histoire de son périple.
bevrijding5

Bien sûr la médaille à un revers.
Nombre de Néerlandais détestent encore aujourd'hui les allemands. Des voitures immatriculées en Allemange sont encore taguées à Amsterdam. Quand mon frère a amené un jour une copine allemande, elle n'était pas forcément le bienvenu. Ma maman était fâchée quand j'avais des mauvaises notes en néerlandais, français ou anglais; pour l'allemand elle ne disait pas grand chose.

J'écris tout ça aujourd'hui car j'ai vu qu'il y aura le film "Schindler's list" à la télé dimanche.
J'ai vu ce film au cinéma en 1993, il m'avait beaucoup marqué. Comme la plupart des films qui parlent de la deuxième guerre mondiale. (hormis les navets ou l'on essaie de faire de l'humour, je ne cite pas de titres.)

Ce n'est pas du tout dans mes habitudes de recommander des films sur mon blog. Alors vous regardez ce que vous voulez dimanche. Mais c'est un bon film. Et rien que de voir qu'il va être émis, m'a permis d'évoquer le souvenir des jours de 18 septembre à Eindhoven. Jour de la libération.

Posté par belle echappee à 11:03 - La Hollande - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 novembre 2008

Je me souviens...

Je me souviens qu'on allait chez les grands-parents
il n'y avait que peu de lumière dans leur grand appartement
un beau parquet très foncé dans le couloir
une moquette très, très dense dans le salon

Je me souviens qu'on n'avait pas le droit d'y faire quoi que ce soit
ô attention, il y avait une petite desserte à roulettes
avec une service à thé en porcelaine
et une sorte de voile en dentelle par dessus
quatre enfants peuvent faire des dégats

Je me souviens, je suis assise sur le canapé en cuir marron foncé
un canapé très dur, le cuir de l'assise un peu bombé
le cuir du dossier plein de boutons
l'assise est trop profond pour la longueur de mes cuisses
ô attention pas les chaussures sur le canapé

Je me souviens qu'assise sur ce canapé
je pouvais voir par la fenêtre
l'appartement était au première étage
et je voyais sur le toit du coiffeur rez-de-chaussé
parfois il y avait de l'eau
et toujours des mouettes

Je me souviens
je regarde les mouettes
et j'attends
que mes parents
et mes grands-parents
ont fini de discuter

Je me souviens
tout un après-midi d'attente
le chauffage à trente au moins
je mange ma part de gâteau
ô attention les miettes
mon grand-père fumait des cigares

Je me souviens
quand je ne regardais pas par la fenêtre
il y avait en face de moi
accroché au mur
deux énormes tableaux
un du grand-père
un de la grand-mère
des temps qu'ils avaient encore cette immense maison
devenu trop grande pour eux deux
une fois les onze enfants partis

Je me souviens
ces deux tableaux imposants
d'au moins deux mètres de hauteur
faits par un peintre hollandais renommé
je les avais en double mes grands-parents
dans ce salon
et pourtant je n'avais pas le droit au sherry
(vermouth pour ma grand-mère)

Je me souviens
que pour les enfants il y avait du cassis
boisson gazeuse
si délicieuse, vraiment
cassis
le nom me provoque le souvenir
des grands-parents
un ou deux dimanche après-midis par mois
d'attente

Posté par belle echappee à 16:40 - La Hollande - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 octobre 2008

Les repas... hollandais ou pas hollandais ?

J'ai laissé un commentaire à la porte 4 chez P.J. Il suffit d'un rien pour me faire penser aux repas. Je cuisine pour mon papa. Je cuisine de tout, et oui, je cuisine français. Et lui, il n'aime pas plein de choses. Enfin, c'est ce qu'il pense. Je fais du boudin, ma fille en mange aussi alors il ne peut pas dire "j'aime pas", et on ne lui dit pas exactement ce que c'est. Et il aime bien. Comme ça j'ai pu faire manger la gougère à mon oncle qui n'aime pas le fromage. Et il en avait même repris!

Mon papa a des frissons quand il me voit manger l'oreille de cochon, bon d'accord, là je n'ai pas pu dire que c'est une escalope de veau. Il fait la remarque que les français mangent vraiment tout de l'animal... et il n'a pas voulu goûter. J'ai fait de l'andouille aussi. Des tranches d'andouille revenues dans la poêle avec du beurre, du chaource et de la crème fraîche (c'est jamais très diététique chez moi). Ma fille vend la mèche "ha de l'andouille!", mais non, il ne sait pas ce que c'est--pas de réaction vive encore. Une fois dans son assiette il regarde. Je sais qu'il "n'aime pas" tout ce qui est triperie.

- drôle de saucisse, toute enroulée...
- c'est de l'andouille, opa!* (ma fille a déjà la bouche toute pleine, il ne peut plus demeurer en reste...)

varkenskop

Je ne veux pas repondre avant qu'il n'ait goûté.
Il mange et il aime bien

- c'est des intestins enroulés
- getverderrie !*

...ça vient du fond du coeur.
J'aurais pensé qu'il s'arrête de manger, mais il finit tout.

Le lendemain c'est museau-vinaigrette.
Il sait d'avance ce que c'est.
Il goûte et il aime bien.

En fait, il n'y existe pas de vrais plats néerlandais, que des combinaisons d'aliments différents. Quand on était enfant on mangeait des frites et knackis arrosées de compôte de pommes. Ou de la compôte de rhubarbe chaude mélangé avec quelques oeufs crus et du sucre, accompagnée de tranches d'oignon et de pomme de terre frites dans l'huile. Ou encore de la chicorée crue finement ciselée et melangée avec de la purée de pommes de terre. Les viandes c'est comme en France. Saucisse de Toulouse, paupiettes, côtes de porc. Traditionnellement les plats sont toujours composés d'une légume, une viande et des pommes de terre. Et ce plat, on le mange le soir. Le matin comme le midi, on mange de la charcuterie et du fromage sur du pain. ("encore un petit déjeuner !!" exclame ma fille à midi chez son grand-père...)

Alors je pense que, devant ces descriptions d'horreurs culinaires, même Cohen serait d'accord que je puisse faire une petite exeption, et cuisiner des plats français chez moi, un vrai plat pour le midi, et un vrai plat pour le soir...

*opa=papy
getverderrie=c'est dégeulasse

Posté par belle echappee à 15:37 - La Hollande - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 octobre 2008

Les boîtes à trésor

C'est les vacances.
Enfin, pas pour moi.
Au lieu d'être tranquille avec un nourisson qui dort 20 heures sur 24, je vais devoir m'occuper de sa soeur qui ne va plus à l'école, qui sème des jouets tout au long de la journée, et qui court des tours dans le salon, car elle n'ose pas aller sur le tapis de course. (bon, d'accord, elle a trois ans). Et en plus: il y a leur grand-père qui vient à l'hôtel chez moi, et qui boit et mange pour deux. Non, je blague, c'est supèr, mon papa vient.

Il y a deux mois, il a rangé son grenier. Et il y a trouvé des cartons avec des choses à moi. Des choses que j'avais oubliées depuis longtemps. Il a tout chargé dans sa voiture, et maintenant je déballe. Et je redécouvre.

Je trouve des photos. Des petits bouts rectangulaires. Car, avec mon frère, je développais des photos dans la douche, espace sans fenêtre qui était peu utilisé, car on avait encore une autre salle de bains. Ces petits bouts de photo étaient pour régler la machine.

moi_bebeEn voilà une. C'est moi sur les genoux de ma mère. J'ai probablement environ un an. Le jeu que j'ai dans mes mains se trouve aussi dans un des cartons. J'ai un autre bout de la même photo avec ma soeur qui déballe un cadeau. Etait-ce son anniversaire? Ou bien Saint Nicolas? (fête le 6 décembre, où on donne les cadeaux au lieu de les donner à Noël). Comme j'ai mon anniversaire en juillet, et ma soeur en août, ça pourrait être le mois d'août, je parais avoir un an là. Mais les vêtements sont plutôt chauds pour un mois d'août. Mon père ne s'en souvient plus, ma mère est décedée.

Quand je regarde ma bouille, je vois que mon bébé y ressemble beaucoup, mais en moins gros.

Il y a une autre photo. C'est moi encore, plus agée. Je me souviens clairement de cette photo. Elle a été prise par le père de ma meilleure copine, chez elle, derrière la maison. J'y joue avec leur chat pimkie.moi

Je ne sais pas quelle âge j'avais. Huit ans, peut-être dix? Je n'étais déjà pas très épaisse, et vous voyez, ce n'est pas cliché... je porte des sabots. J'ai toujours eu des sabots, bien sûr j'avais des chaussures en cuir aussi, mais les sabots, c'est plus rigolo. En hiver on marchait sur la neige qui s'amassait dessous et nous faisait grandir de dix centimètres parfois. Quand il pleuvait on n'avait pas les pieds mouillés. Et même maintenant j'en ai encore pour travailler dans le jardin, dans la boue j'ai les pieds au sec, et ils résistent aux coups de bêche !

Dans les cartons je trouve encore plein d'autres choses. Des jouets et des jeux, mes enfants sont contents. Une collection d'échantillons, qu'une tante à moi avait commencé. Elle était jeune, elle avait dix-huit ans quand je suis née. Elle est morte à vingt-trois ans d'un arrêt cardiaque, et j'avais hérité de sa collection. Des lettres de copines. Et des lettres de copains! Je me fais un café et je m'assieds pour les lire.

Une copine m'écrit que sa mère n'était pas d'accord qu'on allait en ville le soir après souper... (la mienne l'était alors!), mais elle propose d'aller à la patinoire. Mes pensées s'en vont. Et voilà je me souviens que chaque vendredi-soir il y avait "patiner-disco" à la patinoire. On y allait avec toute une bande de copains et copines. Il y avait de la musique et des lumières adéquates. Il y avait de la bière et des bagarres. On s'amusait et on draguait les garçons...

Il y a des lettres de copains aussi dans mes cartons. Sorry copains, je vous avais un peu oublié... Il y en a un qui m'écrit que c'était bien hier soir... quelle est la date de la lettre?? quelle âge j'avais?? c'était avant mon bac, et j'ai eu mon bac à seize ans!!! Je pense que mes parents n'ont jamais su qu'une dixième de ce que je fabriquais...

Je trouve "des oevres" de l'école: une coupelle en bois, un puzzle tout découpé avec une mini-scie. Un je-ne-sais-quoi en pâte à sel. Aparemment je n'ai pas mis assez de sel. Il y a un milier de petits trous dedans, et autant de petites bêtes dessus et autour...

Je finis mon café et je prends l'aspirateur pour aspirer les restes de pâte à sel. Je n'ai pas tout déballé, mais j'ai déjà assez de matière pour rêver encore un peu.

Posté par belle echappee à 16:32 - La Hollande - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 juin 2008

De bakfiets

Vu chez mon frère: un vélo avec une grande caisse devant le guidon, et ça pour y mettre ...
les enfants !!
J'ai oublié de prendre des photos chez lui, alors voilà deux photos prises sur le net (eh oui, je récidive...) :

bakfiets                             bakfiets2

On peut même y accrocher un berce-auto pour le petit dernier, enfin vous devinez facilement le danger.

Je suis restée bouche bée devant cet engin, quand la compagne de mon frère dit qu'elle trouve l'installation du landau, solidement sanglé sur la banquette arrière de ma voiture, beaucoup plus dangereux...
J'espère que mes petits neveux se tiendront sagement aux bords en bois avec leurs petites mains...

Sinon, la Hollande est en train de changer, et moi je n'ai plus du tout les habitudes de ce pays (enfin, oui, certaines habitudes je ne les perdrai jamais). On y mange du pain et de la charcuterie et du fromage (hollandais) au petit déjeuner et ensuite aussi à midi ("encore un petit déjeuner" comme ma fille disait le premier jour à mon père!!): c'est toujours un peu la même chose. Maintenant tout le monde se tutoie, même des personnes qui ne se connaissent pas du tout; ce n'était pas du tout le cas quand j'étais partie (debut 1995). Les gens paraissent plus gros qu'avant (un de mes petits neveux, pourtant très bien en chair, avait reçu la mention "maigre" par la PMI hollandaise! (et mon frère voulait emprunter mon bébé pour le leur montrer...)) Dans les hopitaux les chambres sont soudainement devenues mixtes (oui, vous lisez bien!!), faute de place...

Ce qui n'a pas changé :
- on y boit toujours autant (après deux ans d'abstinance, je dois réhabituer mon foie à traiter un peu plus vite la substance: il m'est arrivé à deux reprises d'être encore ivre le lendemain matin après avoir dormi quand-même huit heures... et voilà je n'ai pas pu prendre le volant pendant dix jours!)
- la météo (on a cependant eu plusieurs jours de soleil durant une semaine!)
- le foot!! (Et bien sûr j'ai déjà mon polo orange pour les championnats d'europe!)
- on mange salé et sucre mélangé, quoi qu'aujourd'hui on mange beaucoup de plats étrangers aussi. J'ai des souvenirs de repas de dimanche: knackis et frites avec la compôte de pommes sur les frites, qui en deviennent toutes molles, ou bien rhubarbe mélangée avec une dizaine d'oeufs crus et des tranches de patates frites.... (pour celui qui veut quelques recettes, il n'y a pas de souci ;) )

...et tout un tas d'autres choses qui sont différentes qu'en France.
En fait je m'en aperçois que j'écris très peu de la Hollande, va falloir changer ça.

Et il y a aussi de bonnes recettes à vous donner.
Cake au vin rouge par exemple.

Posté par belle echappee à 17:44 - La Hollande - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 avril 2008

Ce mysterieux paquet

paquet_1Alors voilà, le paquet que j'ai reçu par la poste. Une sorte de boîte d'archives en plastique, format A4, en plus de ma couleur préferée: orange. Tout de suite me vient l'idée de changer les couleurs de mon blog en orange. Pourquoi pas ? (ndlr : j'ai toujours eu un gros problème de concentration, alors ce n'est pas rare que je commence un article, puis un idée me vient à l'esprit, comme changer les couleurs de mon blog, et me voilà en train de changer les couleurs--l'article restera en suspend... Ce souci de concentration était très embêtant pour mes études aussi; c'est encore un miracle que je suis venue aussi loin! (j'ai un bac+5 en biochimie)). Bref, je vais essayer de ne pas m'égarer d'avantage.

Donc un joli paquet. Je suis une fille qui est rapidement contente avec des petites choses. Alors je me souviens d'avoir pensé que je pourrai même me servir de la boîte ensuite, pour y mettre des doc's à archiver, n'importe quoi... Je vois que la boîte vient de Hollande. Tamponnée "Klaaswaal". Mais l'expéditeur est une copine qui, aux dernières nouvelles, habite en banlieue Parisienne. Aurait-elle déménagée ? Cette copine est une hollandaise, marié à un français. On s'est connu il y a quatorze ans. Dans le train de nuit qui va de Paris à Amsterdam. Gare du nord - Compiègne - Bruxelles - Anvers - Roosendaal - Rotterdam. Train qui part à 23h15. Train bourré de militaires qui vont à Compiègne. Et après Compiègne il devient très silencieux. Hormis quelques hommes bien louches; à chaque gare il y en a qui entrent et ressortent. J'ai fait ce voyage une cinquantaine de fois. Seule. Je ne suis pas une fille peureuse de nature; au contraire. Et il ne m'est jamais rien arrivé. Je connaissais bien les compartiments. Pour réduire le coût du billet je ne prenais pas de couchette, mais je me mettais dans un compartiment qui avait des chaises qui se basculaient. Aahh, tout ça me revient à la mémoire maintenant, quelle nostalgie ...

A Bruxelles le train doit attendre un moment, peut-être vingt minutes, une demi-heure. Et le chauffage des compartiments fonctionne avec le moteur du train, qui est arreté. Alors à partir de Bruxelles il devient très froid dans le wagon. Chose importante à savoir, car moi, j'avais besoin de dormir pendant le voyage. Parce que je passais un weekend à Lyon, pour revenir au Pays-Bas dans la nuit de dimanche à lundi, et j'allais toute de suite au travail ! (et à l'époque je faisais encore du triathlon: le sommeil valait de l'or, mais ça c'est une autre histoire!) Pour dormir tranquillement au chaud j'avais toujours un sac de couchage avec moi; souvenir de ma jeunesse chez les scouts, eh oui, enfance bourgeoise oblige ...

Je pouvais commencer à m'installer après Compiègne, une fois les militaires partis, faute de place ("...viens faire un tour sur mes genoux ma belle..." - pas que ça me déplaisait, au contraire, vous commencez à me connaître - mais pour dormir c'est pas ça !). Donc, une nuit je commence à déplier mon sac de couchage et me mettre à l'aise, que je remarque une fille pas loin de moi qui fait exactement la même chose. Naturellement je lui en dis quelque chose, et voilà, il s'avère qu'elle est hollandaise aussi, et qu'elle habite avec son copain français à Lyon, ville où j'allais depuis quelque temps passer des weekends pour voir un copain que j'avais connu en vacances (moi j'habitais encore en Hollande à ce moment-là). Je ne sais pas qui était la plus bavarde, elle ou moi, mais on a passé toute la nuit à parler, et on n'a rien dormi.

Et voilà comment j'ai connu cette copine. Elle était la première de nous deux à partir de Lyon. Elle s'est mariée avec le copain qu'elle avait déjà à l'époque, et ils ont trouvés du travail à Paris. Moi j'avais nullement envie de me caser, alors une fois mon copain du moment écarté, je me suis trouvée un appartement et j'avais déjà un travail et plein de copains et copines dans la région Lyonnaise: j'y suis restée.

Et on s'est un peu perdu de vu. On s'envoyait de temps en temps une petite carte, mais c'est tout. Alors ça me fait très plaisir qu'elle m'envoit quelque chose pour la naissance de mon bébé. Mais grand était mon stupeur quand j'ai ouvert le paquet. Je ne vous tiens plus longtemps en suspens, voilà le contenu :

paquet_2Ce sont des fleurs. Elles sont rangés sagement dans une sorte de bac à couverts plastifié. L'enveloppe est tamponnée le 11 avril, elles ont passées 17 jours dans leur paquet... Je m'y connais quand-même bien en fleurs. Pourtant je ne peux même pas vous dire de quelle race elles sont. Ma copine les a commandées via l'internet. Elle n'a donc pas déménagé. Et comme moi, j'ai déménagé il y a deux ans, j'habite maintenant à peu près une heure et demie de route de chez elle. Et les fleurs ont fait le voyage depuis la Hollande...

Ami lecteur, amie lectrice, maintenant j'ai un dilemme. Est-ce que je remercie ma copine pour ces jolies fleurs que j'ai reçues de sa part ? Ou est-ce que je lui dis honnêtement quel paquet j'ai trouvé dans ma boîte aux lettres ? Je me suis posée la question une cinquantaine de fois. Si je la connaissais très bien, je lui dirais toute de suite la vérité sans problème. Elle pourra même essayer de se faire rembourser auprès de la société hollandaise. Mais d'une autre côté, ça lui fera de la peine de savoir que sa surprise était une très mauvaise.
Alors, quoi faire ?

Posté par belle echappee à 09:25 - La Hollande - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 janvier 2008

Je me souviens....

J'habitais encore en Hollande. J'étais jeune encore, beaucoup plus jeune même.
On regardait un match de foot avec des potes.
Ailes de poulet et chips sur la table basse
et de la bière bien sûr, beaucoup de bière.

En Hollande on achète la bière dans des caisses consignées en plastic: 24 bouteilles dans la caisse.
Et quand on regarde le match de foot, la caisse est posée par terre à côté du canapé.
Et on boit au goulot.
Chez tout le monde c'est comme ça.
(enfin sauf chez les familles trop chiquées, ils ne régardent pas le match).
Les vendredi soirs et les samedis on voit souvent des vélos passer avec des caisses sur le porte-bagages.
Soirée match oblige.

Alors on regardait un match de foot avec des potes.
Tout d'un coup ça retentit "goooaaaallll" !!
Ome Huub bondit avec ses mains dans l'air
et heurte la table basse....

Sacré Ome Huub
le soir il apporte un efferalgan à sa femme
et elle, un peu naïve, dit
"mais je n'ai pas mal à la tête..."

Quel age il doit avoir aujourd'hui...
Autant de gens que j'ai perdu de vue
avec lesquels j'avais passé de bons moments,
des instants de bonheur dans ma vie...



{petite traduction: Ome=tonton, là il ne s'agit pas du mien}

Posté par belle echappee à 17:07 - La Hollande - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1