14 mai 2009
L'anniversaire
On fête l'anniversaire de ma fille. Ses quatre ans. J'ai invité des camarades de classe. Pas beaucoup, que trois en fait. Mais comme ils sont petits, les mamans viennent, et les frères et soeurs aussi. Dix-sept on sera, ça va vite les familles nombreuses...
J'ai fait des gâteaux, j'ai décoré la maison et la cour, il y a des tas de bonbons sur la table et des jus de fruits dans des jolis verres de toutes les couleurs. Soleil, fille en robe, maman jolie, les enfants arrivent. Ils mangent, ils jouent, il y a des grands, gentils avec les petites. Tout est parfait.
Une fille tombe, s'écorche le genou. C'est pas bien grave, je lui mets du pchitt, j'essuie et je m'apprette à coller un beau pansement. Quand sa maman me dit "il faudrait que je te dise, elle a une hépatite B, elle est vaccinée ta fille?"
Cette fille est la copine de ma fille. Ma fille qui n'est pas vaccinée. Elles jouent ensemble depuis six mois. Elles tombent ensemble, elles se font des bisous, parfois sur la bouche.
En général quand il m'arrive des choses je ne laisse rien voir sur mon visage ou dans mon comportement. C'est pas exprès, c'est mon caractère. Il faut que j'encaisse d'abord. Seule.
Mais le reste de l'après-midi je réfléchis. La fête a pris une autre tournure, mais que pour moi.
Moi non plus je ne suis pas vaccinée. Je ne l'ai jamais fait faire, car ce vaccin n'était pas au point au début de sa sortie, pouvait même donner des (pseudo-?)sclérose en plaques. Et deuxièmement, je ne considérais pas mes enfants et moi dans un groupe à risque. Je suis presque certaine de ne pas avoir touché le sang de la petite fille, mais à l'époque quand je travaillais avec l'hépatite C et le sida, je portais deux paires de gants l'un sur l'autre... là je l'ai soigné sans gants.
Et ma fille... par hasard j'ai un rendez-vous avec le pédiatre à la fin de la semaine. Il va falloir la faire vacciner tout de suite. Si ce n'est pas encore trop tard...
La fête est fini.
J'ai tout rangé, nettoyé.
Les enfants ont pris leurs douche, ont soupés et sont au lit.
Soirée seule.
Et je craque, d'angoisse.
C'est ce matin
C'est ce matin
que tu me manques terriblement
ce moment-là
quand j'ai tant besoin de te parler
et de t'entendre dire
quelque chose
quelque chose de banale, d'ordinaire
mais de reconfortant
comme tu t'y connais aussi peu que moi
C'est ce matin
que j'ai tant besoin de sentir tes bras
protecteurs
autour de moi
Pour un bref instant
je laisserais tomber cet air de "je maîtrise"
et peut-être ferais-je échapper une larme
que pour un bref instant
avec toi.