Journal d'une batave en France

Entre mes déboires et mes rêves.

30 avril 2008

Ce mysterieux paquet

paquet_1Alors voilà, le paquet que j'ai reçu par la poste. Une sorte de boîte d'archives en plastique, format A4, en plus de ma couleur préferée: orange. Tout de suite me vient l'idée de changer les couleurs de mon blog en orange. Pourquoi pas ? (ndlr : j'ai toujours eu un gros problème de concentration, alors ce n'est pas rare que je commence un article, puis un idée me vient à l'esprit, comme changer les couleurs de mon blog, et me voilà en train de changer les couleurs--l'article restera en suspend... Ce souci de concentration était très embêtant pour mes études aussi; c'est encore un miracle que je suis venue aussi loin! (j'ai un bac+5 en biochimie)). Bref, je vais essayer de ne pas m'égarer d'avantage.

Donc un joli paquet. Je suis une fille qui est rapidement contente avec des petites choses. Alors je me souviens d'avoir pensé que je pourrai même me servir de la boîte ensuite, pour y mettre des doc's à archiver, n'importe quoi... Je vois que la boîte vient de Hollande. Tamponnée "Klaaswaal". Mais l'expéditeur est une copine qui, aux dernières nouvelles, habite en banlieue Parisienne. Aurait-elle déménagée ? Cette copine est une hollandaise, marié à un français. On s'est connu il y a quatorze ans. Dans le train de nuit qui va de Paris à Amsterdam. Gare du nord - Compiègne - Bruxelles - Anvers - Roosendaal - Rotterdam. Train qui part à 23h15. Train bourré de militaires qui vont à Compiègne. Et après Compiègne il devient très silencieux. Hormis quelques hommes bien louches; à chaque gare il y en a qui entrent et ressortent. J'ai fait ce voyage une cinquantaine de fois. Seule. Je ne suis pas une fille peureuse de nature; au contraire. Et il ne m'est jamais rien arrivé. Je connaissais bien les compartiments. Pour réduire le coût du billet je ne prenais pas de couchette, mais je me mettais dans un compartiment qui avait des chaises qui se basculaient. Aahh, tout ça me revient à la mémoire maintenant, quelle nostalgie ...

A Bruxelles le train doit attendre un moment, peut-être vingt minutes, une demi-heure. Et le chauffage des compartiments fonctionne avec le moteur du train, qui est arreté. Alors à partir de Bruxelles il devient très froid dans le wagon. Chose importante à savoir, car moi, j'avais besoin de dormir pendant le voyage. Parce que je passais un weekend à Lyon, pour revenir au Pays-Bas dans la nuit de dimanche à lundi, et j'allais toute de suite au travail ! (et à l'époque je faisais encore du triathlon: le sommeil valait de l'or, mais ça c'est une autre histoire!) Pour dormir tranquillement au chaud j'avais toujours un sac de couchage avec moi; souvenir de ma jeunesse chez les scouts, eh oui, enfance bourgeoise oblige ...

Je pouvais commencer à m'installer après Compiègne, une fois les militaires partis, faute de place ("...viens faire un tour sur mes genoux ma belle..." - pas que ça me déplaisait, au contraire, vous commencez à me connaître - mais pour dormir c'est pas ça !). Donc, une nuit je commence à déplier mon sac de couchage et me mettre à l'aise, que je remarque une fille pas loin de moi qui fait exactement la même chose. Naturellement je lui en dis quelque chose, et voilà, il s'avère qu'elle est hollandaise aussi, et qu'elle habite avec son copain français à Lyon, ville où j'allais depuis quelque temps passer des weekends pour voir un copain que j'avais connu en vacances (moi j'habitais encore en Hollande à ce moment-là). Je ne sais pas qui était la plus bavarde, elle ou moi, mais on a passé toute la nuit à parler, et on n'a rien dormi.

Et voilà comment j'ai connu cette copine. Elle était la première de nous deux à partir de Lyon. Elle s'est mariée avec le copain qu'elle avait déjà à l'époque, et ils ont trouvés du travail à Paris. Moi j'avais nullement envie de me caser, alors une fois mon copain du moment écarté, je me suis trouvée un appartement et j'avais déjà un travail et plein de copains et copines dans la région Lyonnaise: j'y suis restée.

Et on s'est un peu perdu de vu. On s'envoyait de temps en temps une petite carte, mais c'est tout. Alors ça me fait très plaisir qu'elle m'envoit quelque chose pour la naissance de mon bébé. Mais grand était mon stupeur quand j'ai ouvert le paquet. Je ne vous tiens plus longtemps en suspens, voilà le contenu :

paquet_2Ce sont des fleurs. Elles sont rangés sagement dans une sorte de bac à couverts plastifié. L'enveloppe est tamponnée le 11 avril, elles ont passées 17 jours dans leur paquet... Je m'y connais quand-même bien en fleurs. Pourtant je ne peux même pas vous dire de quelle race elles sont. Ma copine les a commandées via l'internet. Elle n'a donc pas déménagé. Et comme moi, j'ai déménagé il y a deux ans, j'habite maintenant à peu près une heure et demie de route de chez elle. Et les fleurs ont fait le voyage depuis la Hollande...

Ami lecteur, amie lectrice, maintenant j'ai un dilemme. Est-ce que je remercie ma copine pour ces jolies fleurs que j'ai reçues de sa part ? Ou est-ce que je lui dis honnêtement quel paquet j'ai trouvé dans ma boîte aux lettres ? Je me suis posée la question une cinquantaine de fois. Si je la connaissais très bien, je lui dirais toute de suite la vérité sans problème. Elle pourra même essayer de se faire rembourser auprès de la société hollandaise. Mais d'une autre côté, ça lui fera de la peine de savoir que sa surprise était une très mauvaise.
Alors, quoi faire ?

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22 avril 2008

C'est le printemps (pour toi.... )

Quand je t'ai vu pour la première fois
il pleuvait des cordes
un matin tôt
il faisait encore nuit
et j'ai craquée ...

Maintenant on se connaît bien
mais je ne te connais pas
on se voit
mais tu ne me vois pas

Amour sans intention de le donner
je plaide coupable
monsieur

Ta peau contre la mienne
sueur
chaleur
ton odeur
semblent familier
mais étranger quand-même

Facile et difficile
je suis euphorique
et j'ai le trac
je souris
en refoulant mes larmes

Tu m'aimes
mais tu ne m'aimes pas
et je sais
c'est mieux comme ça.

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16 avril 2008

Mon bébé, ce petit parasite...

Quand on est sortie de la maternité il pesait deux kilos et demi.
Il avait des petits bras et jambes à peine plus gros que mes doigts.
Sa déjà très petite couche déscendait de ses petites fesses plates.
Et pourtant il était né à terme.   {  mais la maman n'est pas grosse non plus...  }

Je l'allaite, il prend du poids, doucement mais sûrement.
Il remonte même dans la moyenne de la courbe de poids nationale.
Pendant un mois je surveille moins sa prise de poids - tout allait bien.

Jusqu'au jour que la pédiatre le voit pour des vaccins.
Il n'a pratiquement rien pris.
220 grammes en un mois...
Il va falloir lui donner plus de lait,
        et moi, je n'en ai pas plus.

Alors je lui donne un biberon supplémentaire.
Il y a du lait de partout dans la cuisine
partout sur moi
partout sur lui
le bib par terre
mon papa qui rigole
il est peut-être maigre mon bébé, mais il se défend bien: il ne veut pas de mon biberon.
{   et oui, c'est mieux chez maman, qu'est-ce que tu veux...   }

La lutte dure quelques jours
maman gagne - bien sûr
on repèse
il prend un peu de poids - ça va mieux.

Il y a deux jours on pèse encore
il n'a rien pris
Rien
zéro grammes en onze jours
il va mourir si ça continue   {  enfin, à la perfusion, je ne vais pas le laisser périr tout de même  }

Je me sens bizarre
je l'ai nourri de mon lait pendant cinq mois
et tout d'un coup ce lait
qu'on dit nourrissant
le meilleur pour ton bébé
plein d'anticorps
mon lait ne sert plus à rien
il ne peut plus vivre avec ça.

Je suis anéanti
je savais qu'un jour je ne le nourrirai plus au sein
mais je pensais arrêter ça en douceur
plus tard
quand il sera plus grand
introduire un bib' de temps en temps
pas brusquement comme ça.

Maintenant il prend bien les biberons
il est glouton même
arrive à aspirer la tétine, pourtant "air control", sous vide.

Avait-il tant faim ?
Qu'est-ce qu'il a ce lait artificiel que je n'ai pas ?
Il doivent forcément y mettre quelque chose chez Guigoz
comme la drogue pour chat dans les boîtes de Whiskas
quand j'y pense que je me suis privé de café, de cidre, de bière, de pastis
de fromage qui fouette   {   et oui, c'est les meilleurs--parle-moi pas de fromage hollandais !  }
pendant tout ce temps
pour lui ...

Et voilà ce mini Batave
m'oublie devant ce biberon chaud
pète, rote, fait couler le lait sur son menton
comme si il est à table chez Zola

Et moi
moi j'ai mes deux seins
gonflés à bloc
très douloureux
quoi faire avec tout ce lait

je     {  ah non, là j'allais écrire quelque chose de très vulgair...  }

C'est peut-être la course à pied
la fatigue
j'ai cherché un peu la cause
mais je ne cherche plus
à quoi bon

A cinq mois mon bébé ne pèse que 5,3 kg
tandis qu'il devrait en peser 7
Il est sous les trois pourcentile
c'est à dire que trois pourcent des bébés de France son plus légers que lui
{   si j'ai le bébé le plus léger de France, je viendrai peut-être chez Pujadas ?  }

Posté par cbatave à 09:08 - Mes enfants - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 avril 2008

Ma soeur

Elle me téléphone en plein milieu de la nuit.
Elle pleure.
Urgence de détresse.
Elle est revenue habiter dans son propre appartement.
Seule.
Son compagnon a essayé de la balancer dans les escaliers.
Elle a un gros hématome sur le bras.

Je lui conseille d'aller porter plainte.
Mais en même temps je sais qu'elle n'en a pas la force
et elle n'a personne de venir avec elle.
Et moi j'habite à 600 kilomètres.

Elle a quatre ans de plus que moi
c'est ma grande soeur.
Quand j'étais enfant de l'admirais ...
et voilà que je me trouve en pleine nuit
pratiquement nue
en train d'attraper froid sur le palier
pour la réconforter, remonter le moral comme je peux
par téléphone.

Je sais d'avance que j'en aurai pour toute la semaine.
Elle va m'appeler trois, quatre fois par jour.
Et moi, je vais devoir écouter
car elle n'a plus personne.
Ses amies elle les a perdues depuis longtemps
notre maman est morte
nos frères ne décrochent plus le téléphone quand c'est elle
et papa s'en fiche aussi.

Quand je remonte dans mon lit il est encore un peu chaud.
Inutile de lui expliquer que moi, je me lève dans quelques heures
qu'il faudrait que je dorme encore un peu.

Elle est déconnectée de la vie depuis longtemps ....

Posté par cbatave à 16:38 - Mes déboires - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 avril 2008

Pourquoi courir dehors ?

Dimanche matin.
7h30.   { et non, je ne me lève pas à six heures le dimanche ! }
Il fait que six degrés: il va falloir bien s'habiller.
Aujourd'hui je cours pour la première fois, depuis deux ans, dehors.
D'abord un peu dans la ville, mais rapidement dans la campagne, le long de l'Yonne.

Il n'y a aucune voiture dans les rues.
Pas de piéton non plus d'ailleurs.   { tant mieux: le piéton à cette heure-ci peut être qu'accompagné d'un chien...  }
Il fait très froid.
Je suis habitué à courir dans mon petit annexe; la temperature y est un peu meilleure.
Et il n'y a pas de vent non plus.
Rapidement j'ai les mains toutes rouges.
Puis je commence à avoir froid dans tout le corps...   { c'est bien ces vêtements techniques qui respirent, mais ils ne sont pas chauds pour autant...  }

Aux bords de l'Yonne j'entends toutes sortes d'oiseaux.
Des cris que je ne connais pas.
Des oiseaux que je ne vois pas toujours.
Il y a un voile de brume sur l'eau calme.
Inutile de préciser que je suis la seule à courir à cette heure-ci...

Ce qui concerne ma condition, ça va plutôt bien.
Je tiens un bon rythme, je n'ai mal nulle part, j'arrive même à faire attention à ma foulée.
Je décide de faire un petit tour d'environ quatre kilomètres, puis avec l'aller-retour vers la maison, ça me fera sept kilomètres et demi. Loin derrière moi le temps que je faisais des sorties longues de trente kilomètres, le samedi ou dimanche matin...
Que j'étais tèllement fatiguée que je me vautrais sur une racine d'arbre ou un caillou, car je n'arrivais plus à me lever les pieds comme il faut...

{  Mais cependant je regrette ces temps-là !  }

Et oui, maintenant il faut que je me contente avec ces sept piètres kilomètres et demi.
Enfin pour l'instant.
Je suis bien comme ça, ma fréquence cardiaque aussi.
Jusqu'au moment que j'aperçois quelque chose de blanc d'entre les arbres.

Quelques foulées plus tard je vois ce que c'est.
Des caravanes.
Et merde.
Des manouches.
Et qui dit manouche, dit chien.
Chien cinglé, chien sans laisse, chien déjà bien réveillé...
... et "maître" encore au lit bien sûr.
Encore quelques foulées et je peux tourner, m'écarter de la rivière.
Je n'entends pas aboyer.
Ca va. Echappée belle.

Je tourne bien encore.
Il fait toujours froid, il commence à pleuvoir même.
{ ... et voilà que je pense à mon tapis roulant auquel je suis en train de faire des infidélités ... }

Mais une fois de retour à la maison, je me fais un chocolat bien chaud et avec mes tartines beurrées et une grosse couverture, je m'installe devant le marathon de Paris.
Encore une petit heure à moi avant que les enfants se reveillent !

Posté par cbatave à 08:16 - Manger, bouger... - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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